Procès Naps : le témoignage troublant d'Alexia, l'amie de la plaignante
Procès Naps : le témoignage troublant d'Alexia

Procès Naps : le témoignage confus d'Alexia, une amie sous pression

À la cour criminelle départementale de Paris, le nom d'Alexia plane sur le procès depuis le premier jour. Viendra-t-elle, ne viendra-t-elle pas ? Ce mardi, au deuxième jour du procès de Naps, l'interprète de La Kiffance, cette témoin clé est finalement interrogée à la barre. Alexia fait partie de la bande de trois filles qui sont sorties en boîte de nuit le 30 septembre 2021, y croisant Naps, avant de terminer en after dans une chambre d'hôtel, ivres et défoncées.

Une amitié mise à l'épreuve

Alexia était avec sa meilleure amie, Emma, la plaignante qui accuse le rappeur de viol, ainsi qu'une troisième fêtarde, Camille. Les deux amies se connaissent depuis des années, elles ont tout de suite accroché et partagent même le même tatouage derrière l'oreille droite. Pourtant, Alexia sera mise en garde à vue pour non-assistance à personne en danger dans cette procédure.

Devant la cour, Alexia s'embrouille dans ses explications, se contredit, et avoue avoir menti plusieurs fois à plusieurs personnes. Elle dit vouloir protéger sa meilleure amie, mais son témoignage apparaît fumeux et incohérent.

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La soirée du 30 septembre 2021

Ce soir-là, Alexia assure qu'elle ne voulait pas se rendre à l'after dans la chambre d'hôtel payée par Naps. Elle était encore choquée par un geste déplacé dans la boîte de nuit, mais elle accepte de suivre ses deux comparses pour ne pas laisser Emma y aller seule avec Camille, qu'elle n'a jamais sentie. Un sentiment réciproque, Camille ayant déjà traité Alexia de mythomane.

Quand le groupe arrive à l'hôtel vers 6h38, l'ambiance est décrite comme cool, sans ambiguïté. Les trois filles, bien alcoolisées et sous l'emprise de substances, finissent par se coucher. Alexia raconte alors sentir Naps sur elle, tout nu, peut-être en caleçon. Elle pense avoir vu son pénis, mais est incapable de préciser s'il était en érection.

Des versions contradictoires

Alexia affirme avoir crié, hurlé, secoué Emma endormie et s'être chamaillée avec Naps pour l'empêcher de s'en prendre à son amie, sans succès. Cependant, cette version diffère complètement de celle de Camille, qui témoigne avoir été réveillée par des mouvements et vu Alexia assise sur une chaise, immobile, regardant la scène. Camille rapporte qu'Alexia lui a dit : T'inquiète, elle est trop petite, ça va pas rentrer.

Le rappeur ne nie pas les rapports sexuels, corroborés par les analyses ADN et l'examen du médecin légiste. Alexia et Emma, autrefois inséparables, sont désormais presque plus en contact. Depuis le banc des victimes, Emma ne parvient pas à retenir ses larmes quand le nom d'Alexia est évoqué.

Des messages accablants

Les échanges de messages entre les deux jeunes femmes, d'une vingtaine d'années à l'époque, révèlent un profond ressentiment. Emma interroge : Pourquoi si t'as essayé de faire quelque chose il m'a ken ? Pourquoi t'étais assise devant moi je m'en souviens ? Alexia répond de manière provocante, minimisant les faits. Emma rétorque avec colère, soulignant son impuissance pendant l'agression.

En sortant de l'hôtel, les trois filles ont à peine échangé dans la voiture. Alexia est rentrée chez elle, tandis que Camille accompagnait Emma porter plainte. La procureure rappelle à Alexia, acculée par les questions, qu'elle n'est pas accusée : Il n'y a qu'un accusé. Sur le banc, Naps, qui encourt 15 ans de réclusion, peut faire le dos rond à la lecture de ces messages accablants.

Ce témoignage trouble et contradictoire ajoute une couche de complexité à un procès déjà chargé en émotions, mettant en lumière les fractures d'une amitié brisée par une nuit de débauche.

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