Quatre accusés jugés à Montpellier pour un violent enlèvement avec demande de rançon
Procès à Montpellier pour un enlèvement violent avec rançon

Un procès historique pour un enlèvement violent à Montpellier

Ce lundi 2 mars, la cour d'assises spéciale de Montpellier, créée par la loi de 2025 pour lutter contre les crimes en bande organisée, siège pour la première fois. Elle juge quatre accusés pour le rapt avec demande de rançon d'une jeune femme de 21 ans, survenu le 24 septembre 2022. Les prévenus risquent la réclusion criminelle à perpétuité pour ces faits d'une extrême violence.

Les circonstances dramatiques de l'enlèvement

Dans la nuit du 24 septembre 2022, vers 4 heures du matin, la victime avait accepté de conduire son petit ami, impliqué dans le trafic de stupéfiants, à un rendez-vous au Plan-des-Quatre-Seigneurs à Montpellier. Sur place, des individus, soupçonnant son compagnon d'avoir volé du cannabis et de l'argent au réseau, ont ouvert le feu. Celui-ci a pris la fuite, laissant la jeune femme seule dans la voiture.

Les malfaiteurs l'ont alors extraite de force de son véhicule en la tirant par les cheveux. Elle a été giflée, frappée à coups de marteau et menacée de mort avant d'être emmenée dans un appartement du quartier Boutonnet. Les ravisseurs ont ensuite contacté son entourage par des messages menaçants, exigeant une rançon de 50 000 euros et écrivant : "On va la tuer, on va l'enterrer vivante dans la forêt".

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Une libération héroïque par la BRI

La jeune femme, séquestrée pendant plusieurs heures, a profité de l'assoupissement de son gardien pour prendre une photo par la fenêtre de l'appartement et l'envoyer à ses proches. Cette initiative courageuse a permis à la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Montpellier de localiser le lieu de détention et de procéder à sa libération le lendemain vers 17 heures, tout en arrêtant les suspects.

Extrêmement choquée par les violences subies, la victime devrait néanmoins assister au procès, qui est prévu pour durer toute la semaine. Selon l'enquête, ce conflit entre trafiquants était lié au vol de 1,5 kilogramme de cannabis et d'environ 3 000 euros en liquide. Le volet concernant le trafic de drogue n'a pas encore été jugé.

Une juridiction spéciale pour des crimes organisés

Cette affaire marque la première session de la cour d'assises spéciale à Montpellier, après son déploiement dans le Gard en janvier. Instituée par la loi de 2025, cette juridiction vise à réprimer les crimes commis en bande organisée, dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic. Le procès se déroule devant cinq magistrats professionnels, sans jury populaire, soulignant la gravité des faits et la volonté de l'État de "sortir la France du piège du narcotrafic".

Les débats mettent en lumière les mécanismes violents des réseaux criminels et l'impact dévastateur sur les victimes collatérales, comme cette jeune femme prise au piège d'un règlement de comptes. La justice espère ainsi envoyer un message fort contre l'impunité dans les affaires de banditisme organisé.

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