Un procès pour harcèlement moral met en lumière des accusations de tyrannie
Ce jeudi 26 février, un chef d'entreprise de 62 ans, anciennement à la tête d'un magasin situé rue des Merciers à La Rochelle, a comparu devant le tribunal correctionnel. Trois de ses anciennes salariées l'ont décrit comme un "monstrueux personnage" et un "tyran", des termes si radicaux que la défense s'en est émue. L'homme, avec trente ans d'entrepreneuriat derrière lui et ayant managé des centaines d'employés sans antécédents, se voit accusé de comportements maltraitants depuis l'ouverture de sa boutique à La Rochelle en 2022.
Les accusations d'une ancienne employée
À la barre, une ancienne salariée, seule à avoir déposé plainte, a témoigné avec une grande fragilité. Elle a évoqué des "humiliations quotidiennes" et l'"agressivité" de son patron lors de son emploi entre le 1er juin et le 18 septembre 2022. Selon elle, après un début idyllique, le patron devenait imprévisible, lançant des réflexions désobligeantes et l'accusant de paresse devant des clients. Elle a décrit des cadences infernales et un incident le 18 septembre où, après six dimanches de travail consécutifs, une altercation l'aurait conduite à s'uriner dessus de peur lorsque le patron aurait barré son passage en armant son poing.
Cette jeune femme, bénéficiaire de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) et souffrant déjà de dépression sévère et d'anorexie, n'est jamais retournée travailler. Après six mois d'arrêt maladie et un refus de rupture conventionnelle, elle a démissionné, mettant un an avant de pouvoir retourner à La Rochelle par crainte de croiser son ancien employeur.
La défense du patron et le réquisitoire
De son côté, Yves Pleindoux, le patron, s'est dit "abasourdi" par ces accusations. Ancien cadre chez Quick France et dans la franchise Hard Rock Café à Marseille, passionné d'aéronautique et parmi les premiers clients de Virgin Galactic, il réfute toutes les allégations. Il affirme n'avoir que de bons souvenirs avec l'employée, excepté le dernier jour, et qualifie les témoignages de "mensonges et dénonciations calomnieuses". Il se décrit comme exigeant mais juste, estimant que "la confiance n'empêche pas le contrôle".
Le Ministère public, représenté par Frédéric Ebel, a toutefois qualifié cette phrase de "typique des harceleurs", soulignant la concordance des témoignages des autres employées de l'époque, qui n'ont pas déposé plainte mais corroborent les faits. Le procureur a requis 5 000 euros d'amende, dont 4 000 avec sursis. En dernières paroles, Yves Pleindoux a exprimé son navrement et son sentiment d'injustice.
Le délibéré prévu pour le 26 mars
Le tribunal correctionnel a mis l'affaire en délibéré, avec une décision attendue pour le 26 mars. Ce procès met en lumière les tensions dans le monde du travail, notamment dans les petites entreprises, et soulève des questions sur la gestion des relations employeur-employé. L'issue de ce dossier pourrait avoir des répercussions sur la réputation de l'entrepreneur et sur la sensibilisation au harcèlement moral dans le secteur commercial.



