Procès aux assises de Côte-d'Or : une affaire de jumelles cachées dans un sac de courses
Une jeune femme de 26 ans et sa mère, âgée de 38 ans, sont jugées depuis lundi 2 mars 2026 devant la cour d'assises de Côte-d'Or, à Dijon. Elles sont accusées d'avoir dissimulé dans un sac de courses des jumelles nées prématurément en mai 2020, un acte qui a conduit à la mort d'un des nourrissons. Le procès, qui soulève des questions sur la détresse maternelle et la pression familiale, devrait s'achever vendredi.
Les faits : une découverte macabre dans un sac de courses
Dans la nuit du 23 au 24 mai 2020, une ambulance est appelée pour une femme de 20 ans se plaignant d'une fausse couche. À leur arrivée, les ambulanciers demandent ce qui a été expulsé. La jeune femme et sa mère tendent alors un sac de courses, sans révéler son contenu. Le personnel soignant y découvre le corps sans vie d'un nouveau-né et un autre qui respire encore, par miracle. Les jumelles, nées à moins de sept mois de grossesse, pesaient environ 800 grammes chacune. Selon l'autopsie, elles étaient toutes deux en vie lors de l'accouchement.
L'accusation affirme que la mère, qui ne voulait pas d'enfant et avait été quittée par le père, avait empaqueté les bébés dans des vêtements, à tel point que la sage-femme de l'hôpital a eu des difficultés à les libérer. Les nourrissons avaient été placés dans un sac en toile de type tote bag, puis la grand-mère a mis cet emballage dans un sac plastique d'une grande marque de discount. Le sac a été caché derrière une armoire, loin de la vue du père adoptif de la jeune mère et compagnon de la grand-mère.
Une grossesse cachée sous pression familiale et religieuse
La jeune femme savait que les bébés étaient en vie, selon l'accusation, mais elle les a laissés près de deux heures sur le sol de sa chambre. Pendant ce temps, elle a nettoyé les traces des accouchements dans les toilettes et la salle de bains, et a effectué des recherches sur internet concernant les fausses couches. Un expert psychiatre a décrit la mère comme faisant preuve d'une certaine immaturité, emprisonnée par des principes religieux musulmans qui rendaient impossible d'évoquer des relations sexuelles avant le mariage. Cela l'a poussée à cacher sa grossesse à son père adoptif, décrit comme un croyant à la mentalité stricte.
Défense et accusation : affolement ou volonté de s'en débarrasser ?
Me Chloé Bonnat, avocate de la mère poursuivie pour meurtre et tentative de meurtre, plaide l'acquittement. Elle argue d'une situation de détresse absolue et d'un affolement, soulignant que la mère ignorait même qu'elle portait des jumelles. Il n'y a pas d'infraction pénale, assure-t-elle.
En revanche, Marie-Christine Klepping, avocate de membres de la famille constitués parties civiles, conteste cette version. Ce n'est pas le fruit du hasard, déclare-t-elle. Il y avait une volonté de s'en débarrasser, ajoute-t-elle, pointant du doigt une intention criminelle.
Le procès aux assises de Côte-d'Or se poursuit, avec un verdict attendu d'ici vendredi. Cette affaire tragique met en lumière les complexités de la détresse maternelle et les conséquences dramatiques de la pression sociale et religieuse.



