Procès des CRS du Burger King : le verdict attendu le 17 mars après des réquisitions de prison avec sursis
Procès CRS Burger King : verdict le 17 mars après réquisitions

Procès des CRS du Burger King : le verdict fixé au 17 mars après des réquisitions sévères

Le jugement dans l'affaire des neuf CRS accusés d'avoir matraqué des manifestants dans un Burger King lors de l'acte 3 du mouvement des « gilets jaunes » sera rendu le 17 mars prochain. Ces policiers, qui comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris, connaîtront alors leur sort définitif après des réquisitions substantielles du parquet.

Des peines de prison avec sursis requises contre les neuf policiers

Ce jeudi, la procureure Marie Dubarry a demandé des peines allant de six à vingt mois d'emprisonnement, toutes assorties du sursis, à l'encontre des neuf membres de la CRS 43. Cette unité, basée à Chalon-sur-Saône au moment des faits, est jugée pour violences volontaires avec plusieurs circonstances aggravantes.

« Le désordre ne suspend jamais le droit, le droit n'est pas un luxe réservé aux jours calmes », a déclaré avec fermeté la magistrate. Elle a souligné que le tribunal examinait « le moment précis où l'usage de la force a cessé d'être nécessaire et proportionné ».

Une affaire rarement documentée par des images

La représentante du parquet a mis en avant le caractère exceptionnel de cette affaire : « Toute la séquence est filmée, c'est rare et c'est précieux, parce que cela empêche de réécrire l'histoire ». Ces enregistrements vidéo constituent des preuves centrales dans le dossier.

Les violences reprochées ont causé des dommages à plusieurs victimes :

  • Quatre personnes physiques, frappées à coups de matraque ou de pied, se sont constituées parties civiles.
  • Seize victimes non identifiées, qui ne se sont pas manifestées auprès de la justice, ont également été recensées par les enquêteurs.

La réponse du parquet face aux arguments de la défense

La procureure a reconnu la difficulté de la mission des CRS lors de cette journée mouvementée, mais elle a fermement rappelé les limites de l'usage de la force : « La force ne peut avoir pour finalité de punir, d'humilier, de compenser une journée difficile ».

Elle a ajouté une exigence particulière envers les forces de l'ordre : « Plus la situation est chaotique, plus la maîtrise est exigée, parce que ce sont des professionnels entraînés et aguerris ». Ainsi, même dans un contexte de tensions extrêmes, le respect des procédures et de la proportionnalité demeure impératif.

Les avocats de la défense ont plaidé la légitime défense et le contexte particulièrement violent de cette manifestation, mais le parquet maintient que les violences constatées ont dépassé le cadre légal. L'audience, qui se déroule depuis lundi, a permis d'entendre les versions contradictoires des parties.

Le verdict du 17 mars clôturera une procédure judiciaire suivie avec attention, tant par les défenseurs des droits humains que par les syndicats de police. Cette affaire symbolise les tensions persistantes autour du maintien de l'ordre lors des mouvements sociaux.