Procès du trafic de cannabis à Bordeaux : le « général » auditionné pour un enlèvement erroné
Procès cannabis Bordeaux : le « général » auditionné pour enlèvement

Procès du trafic de cannabis à Bordeaux : les auditions se poursuivent en l'absence des principaux prévenus

Depuis dix jours, le tribunal correctionnel de Bordeaux examine l'affaire d'un vaste trafic de cannabis, impliquant la livraison surveillée de 15 à 40 tonnes de stupéfiants en octobre 2015. Les audiences se déroulent en l'absence des deux figures centrales, Sofiane Hambli, actuellement incarcéré au Maroc, et François Thierry, dont l'interrogatoire est prévu ce jeudi. Dans une salle d'audience quasi vide, les séances se terminent généralement avant midi, laissant la place aux témoignages des « petites mains » du réseau.

Le « général » à la barre : un rôle trouble dans un enlèvement raté

Parmi les prévenus, Kevin O., surnommé le « général », a comparu. Cet homme imposant, reconnaissable à sa longue barbe et son survêtement noir, est accusé d'avoir participé à des activités criminelles pour le compte de Sofiane Hambli. Le point le plus grave concerne l'enlèvement d'une jeune Belge à la sortie de la prison de Mons, le 9 février 2016. Selon les récits, trois individus ont brutalement saisi la victime depuis un fourgon, avant de la relâcher quelques kilomètres plus tard, la laissant avec des blessures visibles, incluant des tuméfactions et des lésions.

Interpellé peu après avec trois complices, Kevin O. a fourni plusieurs versions des faits. Initialement, il a nié toute implication, prétendant simplement se promener à Mons. Par la suite, il a admis s'être rendu sur place pour « impressionner un couple » à la demande d'un ami, sans préciser l'identité de ce dernier. Face aux juges, il a maintenu que l'enlèvement n'était pas prévu, décrivant une situation de « panique totale » qui a conduit à la libération de la jeune femme.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une cible erronée dans une tentative de pression

Les enquêteurs estiment que l'équipe s'est trompée de victime. La cible initiale était l'épouse d'un proche de Sofiane Hambli, incarcéré à Mons, dont la défense commençait à s'écarter des intérêts du trafiquant. Cette méprise suggère une tentative de pression orchestrée par Hambli pour influencer les procédures judiciaires. Kevin O., cependant, affirme n'avoir jamais eu de contact direct avec Hambli, le décrivant comme « inaccessible » pour quelqu'un de son statut.

Malgré ses dénégations, des preuves matérielles le lient au réseau. Son ADN a été retrouvé dans un appartement loué par Hambli près des Champs-Élysées, ainsi que dans un logement de repli à Gand, utilisé lors de la fuite du trafiquant. Ces éléments renforcent les soupçons des juges sur son intégration dans une association de malfaiteurs, comme l'a souligné la présidente du tribunal.

Le procès se poursuit, mettant en lumière les mécanismes complexes de ce trafic international et les ramifications criminelles qui s'étendent jusqu'en Belgique. Les auditions des autres prévenus devraient apporter davantage d'éclairages sur les responsabilités et les motivations derrière ces actes violents.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale