Val-d'Oise : « J'avais mon cutter à la main et mes larmes coulaient » : tentative de suicide, angoisses et burn-out en mairie
Au moins six agents municipaux de Presles, petite commune du Val-d'Oise, ont porté plainte pour un harcèlement moral qui serait par ailleurs à l'origine d'une tentative de suicide. Une enquête est ouverte. Témoignages.
Par Marie Persidat
Le 19 mai 2026 à 06h17
Plusieurs agents municipaux de la mairie de Presles (Val-d'Oise) ont porté plainte pour harcèlement moral. LP/Marie Persidat
« Vous êtes en souffrance, cela se voit. Quand est-ce que vous pouvez faire valoir vos droits à la retraite ? » À chaque fois, les mots entendus sont les mêmes, mais les agents sont différents. Des salariés de la mairie de Presles racontent leur malaise et leurs mois, parfois leurs années de galère. Usés par un management qu'ils qualifient volontiers de toxique, ils se sont décidés à faire appel à la justice. Au moins six d'entre eux ont déposé plainte pour harcèlement moral. Un coup de tonnerre dans cette petite ville de 4 000 habitants qui compte moins de 60 agents municipaux.
« Presles, harmonie et qualité de vie » est-il annoncé en grandes lettres blanches sur fond bleu, à l'entrée de cette commune nichée dans un charmant environnement naturel. Malgré la promesse de la banderole, le quotidien s'est transformé en cauchemar pour un certain nombre d'employés qui pointent du doigt à la fois l'actuelle maire ainsi que des responsables de service. « Le pire, c'est qu'on a tous envie de travailler ! », souffle Christelle*, l'une des plaignantes dont nous avons recueilli le témoignage. « Et puis on n'a pas fait d'erreur qui justifierait tout cela… Sinon au moins on y comprendrait quelque chose ! », ajoute un autre agent.
Les témoignages recueillis décrivent un climat de travail délétère, avec des pressions psychologiques constantes, des critiques injustifiées et des humiliations. L'un des agents confie avoir fait une tentative de suicide, expliquant : « J'avais mon cutter à la main et mes larmes coulaient. » Cette tentative a été un électrochoc pour les autres employés, qui ont décidé de briser le silence. Les plaintes ont été déposées auprès du procureur de la République, et une enquête préliminaire a été ouverte pour harcèlement moral.
La mairie de Presles, contactée, n'a pas souhaité commenter ces accusations. Les agents plaignants, soutenus par leur syndicat, espèrent que la justice fera la lumière sur cette affaire. Ils dénoncent également un manque de soutien de la part de la hiérarchie et des élus locaux. « Nous voulons juste travailler dans des conditions normales, sans peur et sans stress », conclut Christelle. L'enquête devra déterminer les responsabilités et les éventuelles sanctions.



