Une policière marseillaise mise en examen pour vente illicite de données confidentielles
Une policière affectée à l'accueil et à la prise de plaintes dans un commissariat de Marseille a été mise en examen, soupçonnée d'avoir vendu des informations issues des fichiers de police. Selon le parquet de Paris, qui a confirmé ces informations jeudi, la fonctionnaire aurait consulté plus de 5.000 fiches sans aucun rapport avec ses fonctions.
Un trafic organisé sur plusieurs mois
La policière, interpellée le 23 septembre 2025, est accusée d'avoir commercialisé pendant cinq mois des fiches de police au prix unitaire de 15 euros. Après trois mois de détention provisoire, elle a été placée sous contrôle judiciaire à Noël. Un commanditaire particulièrement actif a également été interpellé le 11 mars 2026, mis en examen deux jours plus tard et placé en détention provisoire.
Des enquêtes sérieusement compromises
L'enquête menée par des juges d'instruction parisiens révèle que au moins une dizaine d'opérations de police judiciaire ont été directement impactées par ces fuites. Parmi les dossiers concernés figurent des informations judiciaires pour trafic international de drogue, tentative de meurtre, enlèvement et séquestration, ainsi que des affaires d'association de malfaiteurs.
Une fuite détectée grâce à la surveillance des réseaux sociaux
La fuite avait été identifiée dès juin 2025 par l'Office anticybercriminalité (Ofac) dans le cadre de sa veille régulière sur les réseaux sociaux. Les enquêteurs sont tombés sur un canal Telegram proposant des "extractions directes de fichiers police" avec des exemples concrets à l'appui. Cette vente illicite permettait à des délinquants de connaître leur statut de personne recherchée, de suivre l'avancement des enquêtes les concernant, ou encore d'obtenir des informations personnelles comme des adresses, numéros de téléphone ou détails sur les véhicules.
Une enquête qui se poursuit
La section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris a ouvert une enquête confiée à l'Ofac et à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). L'instruction se poursuit actuellement sous la direction des juges d'instruction, avec notamment des investigations pour corruption, association de malfaiteurs et accès frauduleux à un système de données. Cette affaire met en lumière les risques liés à l'exploitation frauduleuse des bases de données policières et les mesures de surveillance nécessaires pour protéger ces informations sensibles.



