Une vaste opération policière démantèle un réseau de narcotrafic et de blanchiment
L'opération Octopus, menée il y a une semaine, a abouti à une impressionnante vague de 42 interpellations ciblant le milieu du narcotrafic. Préparée minutieusement depuis plusieurs mois par deux juges d'instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille, cette action a été confiée aux gendarmes de la Section de recherche de la Cité phocéenne. Elle visait principalement l'organisation criminelle connue sous le nom de DZ Mafia, avec des répercussions jusqu'à Villeneuve-sur-Lot, où une jeune femme a été mise en cause pour son rôle présumé dans le blanchiment d'argent.
Intervention spectaculaire à Villeneuve-sur-Lot
Comme l'a révélé le journal Sud Ouest, les militaires, lourdement armés et le visage dissimulé par des cagoules, sont intervenus peu après l'ouverture de l'agence BNP Paribas de la bastide, le mardi 10 mars. Leur déplacement en Lot-et-Garonne s'explique par le ciblage d'une cliente spécifique de cette banque. Domiciliée dans la commune limitrophe de Bias et âgée d'une trentaine d'années, cette femme est suspectée de participer activement au blanchiment de l'argent provenant du trafic de stupéfiants.
Perquisitions et saisies significatives
Des perquisitions ont été menées simultanément à son domicile et au sein de l'agence bancaire villeneuvoise. Outre la saisie de matériel informatique, destinée à analyser en détail certains mouvements bancaires suspects, les gendarmes ont également procédé à la saisie de divers valeurs et titres de propriétés dans un coffre-fort loué dans l'établissement. Ces éléments matériels sont cruciaux pour étayer les accusations de blanchiment d'argent.
Transfert et mise en détention provisoire
À l'issue de 96 heures de garde à vue, durée maximale autorisée dans le cadre d'une enquête pour narcotrafic, la jeune femme a été transférée à Marseille en hélicoptère depuis Toulouse. Elle a été présentée à un juge d'instruction qui a décidé de son placement en détention provisoire et de sa mise en examen. Contacté par nos soins, le parquet de Marseille s'est refusé à tout commentaire supplémentaire après la conférence de presse tenue samedi matin.
Une féminisation croissante du narcobanditisme
Lors de cette conférence, le procureur de la République Nicolas Bessone a souligné que neuf femmes figuraient parmi les 15 personnes envoyées derrière les barreaux en attente de leur jugement. Ce chiffre témoigne d'une véritable féminisation du narcobanditisme, un phénomène de plus en plus observé dans les réseaux criminels. Le colonel Olivier Leblanc, commandant de la Section de recherche de Marseille, a précisé que ce coup supplémentaire porté à la DZ Mafia ne signifiait pas pour autant la fin de cette organisation, indiquant que les enquêtes se poursuivent pour démanteler complètement ce réseau.



