Une "revenante" de Daesh condamnée à cinq ans de prison
Première des vingt-deux "revenantes" qui doivent être jugées cette année devant la cour d'assises spéciale de Paris, Océane Granger, trente et un ans, a été condamnée mardi à cinq ans de prison. Elle a reconnu devant la cour avoir adhéré au projet du groupe État islamique en tant que mère et épouse.
Un parcours marqué par la radicalisation
Le couple avait quitté la France en juin 2015 avec son bébé en suivant un itinéraire atypique grâce à de faux papiers belges. Ces documents étaient fabriqués par la même officine que celle qui fournira des membres des commandos du 13 novembre 2015.
Pendant deux jours, la cour a retracé le parcours de cette adolescente à l'environnement familial "tendu", affectée par la séparation de son père cordonnier et de sa mère aide à domicile. À sa majorité, la "bonne élève" s'était convertie à l'islam avant de rencontrer en ligne Amirouche Belounis.
Un compagnon condamné par défaut à trente ans
Amirouche Belounis, né en 1989 et supposé mort, était jugé par défaut et a été condamné à trente ans de réclusion. Proche de la filière djihadiste parisienne des Buttes-Chaumont, il était poursuivi pour association de malfaiteurs terroriste et sa participation à une vidéo de propagande du groupe EI diffusée en juin 2016.
Ayant combattu en Irak, il serait mort, tout comme leur fils et leur fille née en 2016 à Raqqa, lors d'un bombardement quelques jours avant la prise par les forces kurdes de la "capitale du califat".
Une peine sous bracelet électronique
Océane Granger restera sur zone jusqu'à 2019 et la chute de Baghouz, l'ultime bastion de l'État Islamique. Elle bénéficiera du second rapatriement organisé par la France et, incarcérée à son retour en octobre 2022, celle qui aujourd'hui travaille et a repris des études, est sortie de prison fin mars 2025 sous bracelet électronique.
Le reliquat de la peine prononcée mardi, inférieur à deux ans, sera aménagé sous le même régime. Au moment du prononcé du verdict, la cour a relevé "la gravité des faits" et la durée de sa présence sur zone, notamment le fait d'avoir "secondé" son mari et "participé au califat et son idéologie terroriste", tout en soulignant "une reconnaissance des faits" et un "réel travail de remise en cause".



