Le parquet d'Amiens a annoncé, jeudi, l'ouverture de nouvelles expertises ADN et vocales dans l'affaire du meurtre d'Elodie Kulik, tuée en 2002 dans la Somme. Cette décision répond à une demande formulée par Willy Bardon, condamné à 30 ans de réclusion criminelle en 2019 pour enlèvement, viol et meurtre, et qui continue de contester sa culpabilité.
Des analyses basées sur des techniques inédites
Après avoir recueilli « plusieurs avis scientifiques », le procureur Jean-Philippe Vicentini estime que « l'évolution des techniques d'analyse en matière de voix et de génétique » justifie la réalisation de « certaines nouvelles investigations », selon un communiqué. Ces analyses porteront notamment sur des éléments pileux et des traces relevés sur les scènes de crime. Selon les avocats de Willy Bardon, Gabriel Dumenil, Marc Bailly et Stéphane Daquo, elles seront réalisées « en utilisant de nouvelles techniques d'identification inconnues au moment de l'enquête ».
Réexamen de l'appel aux secours
L'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) a également jugé pertinent de réexaminer l'enregistrement de l'appel passé par Elodie Kulik aux secours. D'après Me Gabriel Dumenil, ces nouvelles technologies pourraient permettre de confirmer ou d'écarter l'hypothèse selon laquelle l'une des deux voix masculines entendues sur cet enregistrement est celle de Willy Bardon.
Vers une possible révision du procès
A l'issue de ces expertises, le condamné pourra décider de déposer une demande de révision de son procès. Ses avocats considèrent qu'il s'agit « d'une nouvelle étape décisive dans la preuve de son innocence ». L'avocat du père d'Elodie Kulik, Me Didier Seban, affirme de son côté que ces investigations « n'enlèvent rien à la conviction que M. Bardon est coauteur » du meurtre.
Dans cette affaire, l'ADN de Willy Bardon n'a jamais été retrouvé sur la scène de crime. L'enquête, relancée dix ans après les faits grâce à une nouvelle technique ayant permis d'identifier Grégory Wiart, décédé entre-temps, avait ensuite conduit la justice à mettre en cause Willy Bardon, notamment sur la base de témoignages reconnaissant sa voix sur l'enregistrement des secours.



