Nourrisson à la langue arrachée : la mère conteste et demande sa libération à Nîmes
Nourrisson blessé : la mère conteste à Nîmes

Un nourrisson gravement blessé : la mère conteste sa condamnation

Une affaire sordide secoue la justice de Nîmes. Une jeune mère de famille âgée de 22 ans, déjà condamnée en première instance à cinq ans de prison pour des violences ayant entraîné l'arrachement partiel de la langue de son nourrisson de 25 jours, a comparu en appel ce mardi 10 mars. Devant la cour d'appel du Gard, elle a fermement contesté sa culpabilité et demandé sa remise en liberté immédiate.

Une blessure inexpliquée et des versions contradictoires

L'audience a été marquée par des échanges vifs entre la présidente de la cour et la défense. La prévenue, entendue en visioconférence depuis la prison, est revenue sur les événements du 19 avril 2023. Elle maintient que son ex-mari est le seul responsable de la blessure de l'enfant, avançant l'hypothèse que celle-ci serait survenue lorsqu'il aurait forcé le biberon. "Je regrette de ne pas avoir pu la protéger", a-t-elle déclaré, tout en niant catégoriquement avoir touché à sa fille.

Cependant, plusieurs éléments du dossier contredisent sa version. Les médecins ont décrit un "choc d'une extrême violence", incompatible avec l'explication du biberon. La présidente a également rappelé les antécédents judiciaires de la jeune femme, condamnée un an plus tôt pour violences sur sa première fille, alors âgée de 7 mois, avec une morsure à la joue laissant des traces permanentes. Son troisième enfant a d'ailleurs été placé à la naissance.

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Des éléments troublants et une défense acharnée

L'enquête a mis en lumière d'autres points suspects : un délai de deux heures avant que le couple n'amène le bébé aux urgences, un message évoquant un "poison au cyanure", et des échanges avec sa sœur lui rappelant qu'elle devait "n'être au courant de rien". Malgré cela, l'accusée persiste à accuser son ex-mari, affirmant qu'il se serait dénoncé dans une lettre déposée chez elle après une effraction.

La présidente Nadine Mouttet a exprimé son scepticisme face à cet "aveu", d'autant que le mari n'a pas été poursuivi dans cette affaire. Elle a également souligné les conclusions des psychologues, qui décrivent une personnalité "chaotique" et un "développement affectif carencé" chez la prévenue, avec une "idée du bébé fantasmée" provoquant des angoisses archaïques.

Un plaidoyer passionné et une décision attendue

L'avocat de la défense, Me Olivier Bessodes, a dénoncé une "lecture du dossier à charge" et plaidé la relaxe. "La justice se trompe. Elle se base sur le témoignage du mari alors qu'il a varié à de nombreuses reprises. Il faut aussi prendre les éléments à décharge et reconnaître qu'il n'y a pas assez d'éléments matériels pour entrer en voie de condamnation", a-t-il asséné.

La partie civile, représentant l'Agavip (Association gardoise d'aide aux victimes d'infractions pénales et de médiations), a tenté d'obtenir un aveu, rappelant que l'accusée avait d'abord nié avoir mordu sa première fille avant d'admettre les faits. L'avocate générale a demandé la confirmation de la peine de cinq ans de prison. La décision de la cour d'appel sera rendue jeudi 12 mars.

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