Nîmes : un jeune majeur tente une évasion désespérée devant le tribunal
Un jeune homme de 19 ans a tenté de s'évader à la sortie du tribunal correctionnel de Nîmes, alors que les gendarmes devaient le conduire à la maison d'arrêt. Cet incident survient après que le prévenu a été placé en garde à vue à trois reprises au cours de la même semaine, pour une série de délits commis principalement à Saint-Gilles.
Une tentative de fuite menottée
Le 3 mars, profitant de l'ouverture de la portière du véhicule de police, le jeune a bousculé un gendarme et a pris la fuite, les menottes aux poignets. Il a été rapidement rattrapé. Interrogé par le président du tribunal Edouard Le Jan le lendemain, le prévenu a justifié son acte par une peur panique de retourner en détention. "Je ne voulais pas retourner en prison", a-t-il déclaré, évoquant un traumatisme lié à un précédent séjour carcéral lorsqu'il était mineur.
Une semaine chargée en infractions
Les faits jugés en comparution immédiate ce mercredi 4 mars comprennent :
- Conduite sans permis et sous l'emprise de stupéfiants
- Violences et outrages sur des policiers municipaux
- Une autre infraction liée aux stupéfiants la même semaine
Le procureur Jean-Luc Vasserot a requis 18 mois de prison, dont six mois avec sursis probatoire, assortis d'obligations de soins, de travail et d'indemnisation des parties civiles. Il a également demandé le maintien en détention.
Un "pétage de plombs" expliqué par la cure de désintoxication
Le prévenu a attribué son comportement à un "pétage de plombs" lié à sa cure pour arrêter la consommation de stupéfiants. "Je ne suis pas comme ça d'habitude. Je fais une cure et je n'avais pas mes médicaments. Je ne sais pas ce qui m'a pris", a-t-il expliqué, présentant ses excuses aux policiers blessés.
Son avocate, Me Patricia Perrien, a décrit une personnalité "complexe", où "l'anxiété et l'immaturité forment un cocktail explosif". Elle a révélé que son client avait tenté de se suicider lors de sa seconde garde à vue avec un cordon de jogging, soulignant qu'il était "à bout psychologiquement".
Une condamnation et des circonstances atténuantes
Le tribunal a relaxé le prévenu pour la détérioration du véhicule de police, faits non caractérisés selon son avocate. En revanche, il a été condamné à :
- Six mois de prison ferme pour la tentative d'évasion, avec mandat de dépôt
- Douze mois de prison avec sursis probatoire de deux ans pour les autres infractions, avec obligations de soins, de travail et d'indemnisation des parties civiles
Me Perrien avait plaidé pour un placement sous bracelet électronique, mettant en avant la maladie auto-immune de son client qui nécessite un traitement lourd, incluant une chimiothérapie bimestrielle. Cette pathologie s'est déclarée lors de son précédent séjour en détention, contribuant à son traumatisme carcéral.



