Guerre DZ Mafia-Yoda : Félix Bingui conteste la version du glaçon
Narcotrafic à Marseille : le chef Yoda livre sa version

Selon la légende criminelle, une altercation dans une boîte de nuit entre deux chefs présumés de la DZ Mafia et du clan Yoda serait à l’origine de la guerre sanglante entre les deux gangs marseillais. Une version contestée par Félix Bingui, le patron présumé du clan Yoda, lors d’un interrogatoire.

Les origines contestées du conflit

Au commencement était un glaçon. Selon la légende, la guerre sanglante qui a mis aux prises en 2023 les deux réseaux de trafiquants marseillais de la DZ Mafia et du clan Yoda, provoquant près d’une cinquantaine de morts, trouverait son origine lors d’une soirée dans une boîte de nuit de Phuket, une station balnéaire très touristique de Thaïlande, à une dizaine de milliers de kilomètres de la cité phocéenne. L’effet papillon version criminelle.

La version de Félix Bingui

Lors de son interrogatoire, Félix Bingui, dit "le Chat", a livré sa propre version des faits. Il affirme que le conflit ne trouve pas son origine dans une dispute pour une femme ou un glaçon, mais plutôt dans des tensions antérieures liées au trafic de stupéfiants. Selon lui, les deux clans coexistaient pacifiquement jusqu'à ce que des rivalités territoriales et des questions d'honneur ne viennent envenimer les relations.

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« Tic [Mehdi Laribi, un des chefs présumés de la DZ Mafia] et Félix étaient de base des amis. Chacun gérait ses points stups sans histoire et ils se sont retrouvés en Thaïlande vers le milieu d'année dernière [2022]. Ils se sont disputés pour une meuf », explique une source proche du dossier. Mais pour Bingui, cette version est réductrice et ne reflète pas la réalité complexe des rivalités entre les deux organisations criminelles.

Un conflit meurtrier

La guerre entre la DZ Mafia et le clan Yoda a fait près d'une cinquantaine de morts en 2023, plongeant Marseille dans une spirale de violence inédite. Les règlements de comptes se sont multipliés, touchant aussi bien les cités que les centres-villes. Les forces de l'ordre ont été mobilisées en nombre pour tenter d'endiguer cette vague de criminalité.

Félix Bingui, considéré comme le chef présumé du clan Yoda, a été interpellé dans le cadre d'une vaste opération antidrogue. Il nie être à l'origine de la guerre et conteste les accusations portées contre lui. Son avocat a déclaré que son client « n'est pas le parrain sanguinaire que certains décrivent » et qu'il « aspire à une vie paisible ».

Les zones d'ombre persistent

Malgré les déclarations de Bingui, de nombreuses zones d'ombre subsistent quant aux véritables origines du conflit. Les enquêteurs continuent d'explorer plusieurs pistes, notamment celle d'une rivalité pour le contrôle des points de deal dans les quartiers nord de Marseille. La version du glaçon, bien que romanesque, pourrait n'être qu'une façade cachant des enjeux bien plus prosaïques.

L'affaire est suivie de près par la justice, qui espère faire la lumière sur cette guerre des gangs qui a traumatisé la ville. Les prochains mois seront décisifs pour comprendre les mécanismes qui ont conduit à cette escalade de violence.

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