Procès d'Elisa Pilarski : le parquet requiert quatre ans de prison avec sursis et l'euthanasie du chien Curtis
Ce jeudi 5 mars, lors du troisième et dernier jour du procès de Christophe Ellul, propriétaire du pitbull Curtis, mis en cause dans la mort d'Elisa Pilarski en novembre 2019, le parquet a réclamé quatre ans de prison avec sursis. La procureure de la République a également demandé la confiscation et l'euthanasie de Curtis, estimant que l'animal est l'unique responsable du décès.
Les analyses ADN pointent Curtis comme l'agresseur
L'audience devant le tribunal correctionnel de Soissons a débuté par un retour sur les analyses ADN réalisées sur Curtis et les 21 chiens de la chasse à courre, initialement mise en cause. Les résultats ont exclu la participation des chiens de meute, confirmant que l'ADN retrouvé sous un ongle d'Elisa Pilarski correspondait à celui de Curtis. Nathalie Labastarde, la mère de la victime, a déclaré à la barre : « Le pourcentage de doutes que j'avais au fond de la tête, je ne les ai plus. On sait maintenant que c'est Curtis qui a attaqué Elisa. »
Le contexte tragique de la promenade en forêt de Retz
Elisa Pilarski, une jeune Béarnaise enceinte de six mois et compagne de Christophe Ellul, était partie promener Curtis en forêt de Retz le 16 novembre 2019. Ce jour-là, une chasse à courre se déroulait dans le même secteur, mais les investigations ont montré que les chiens de chasse n'étaient pas impliqués. Me Guillaume Darracq, avocat de la société de vénerie, a déploré l'instrumentalisation de ce drame, soulignant qu'aucune attaque de chiens de meute sur un humain n'a jamais été enregistrée.
Les accusations des parties civiles et la défense de la chasse à courre
Me Xavier Terquem-Adoue, conseil de la mère et de l'oncle d'Elisa, parties civiles, a reproché à Christophe Ellul d'avoir menti dès le début, en affirmant que la chasse était responsable puis en envisageant l'euthanasie de Curtis. L'avocat a qualifié cela d'aveu et a demandé des dommages et intérêts de 80 000 euros pour la mère et 50 000 euros pour l'oncle. La procureure Laureydane Ortuno, dans un réquisitoire ciselé, a écarté toute responsabilité de la chasse à courre, notant que les chiens étaient à 700 mètres du lieu de découverte du corps.
La décision du parquet et les suites du procès
À l'issue d'un réquisitoire de deux heures, la procureure a demandé la requalification des faits sans circonstances aggravantes, réclamant quatre ans de prison avec sursis simple pour Christophe Ellul, jusque-là inconnu de la justice. Elle a aussi insisté sur la nécessité de confisquer Curtis et d'ordonner son euthanasie, arguant que le chien a montré un comportement dangereux en mordant à plusieurs reprises, y compris après les faits. Le jugement est attendu prochainement, clôturant une affaire qui a profondément marqué l'opinion publique.



