Mort d'El Hacen Diarra : l'avocat de la famille dénonce une deuxième altercation violente au commissariat
L'avocat de la famille d'El Hacen Diarra, décédé en janvier dernier dans un commissariat parisien, a dénoncé ce vendredi une deuxième « altercation violente » survenue après l'interpellation. Me Yassine Bouzrou demande également la récusation des juges chargés de l'enquête, estimant que le dossier nécessite une instruction impartiale.
Les révélations sur les événements du 15 janvier
Dans la nuit du 15 janvier, trois policiers ont interpellé violemment El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans. L'un d'eux lui a asséné deux coups de poing alors qu'il était maintenu au sol. Initialement entendus par des collègues du commissariat centre de Paris, avant que l'IGPN ne soit saisie, les policiers ont fourni des versions des faits qui viennent d'être rendues publiques.
Selon une source proche du dossier, un policier a déclaré que M. Diarra aurait, lors de la fouille en garde à vue, « tenté de retirer son bras » de la menotte et de « quitter son siège pour fuir ». Ses liens auraient alors été resserrés et il aurait été replacé sur le banc, où il a cessé de respirer peu après.
Un autre policier explique avoir « placé une main sur la tête » de M. Diarra lorsqu'il a « commencé à s'agiter » en s'appuyant sur le mur avec ses deux pieds. Il se serait ensuite laissé « tomber volontairement au sol », selon ce fonctionnaire, qui affirme l'avoir « maintenu » avec son autre main « pour qu'il ne se blesse pas ». Ces informations corroborent des éléments publiés par Le Monde.
L'enquête judiciaire en cours
Le parquet de Paris, seule autorité habilitée à s'exprimer sur des investigations en cours, n'avait jusqu'à présent pas fait état d'éléments concernant la fouille de M. Diarra. Une information judiciaire a été ouverte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l'autorité publique ».
« Les investigations ne sont évidemment pas terminées », a déclaré le parquet, précisant que « les juges sont en attente du retour des examens médicaux complémentaires demandés, et la commission rogatoire confiée à l'IGPN est toujours en cours ». L'objectif est de « vérifier et établir plus exactement le déroulement des faits ».
Les accusations de l'avocat de la famille
Pour Me Yassine Bouzrou, les policiers ont « dès la nuit des faits fait état, dans un procès-verbal, d'une tentative d'évasion au commissariat du 20e arrondissement de Paris pour justifier une altercation violente ». L'avocat affirme avec certitude qu'il y a eu deux épisodes violents distincts :
- Une première altercation durant l'interpellation, avec un plaquage ventral et un étranglement ayant duré entre 3 et 5 minutes
- Des violences commises dans la salle de fouille du commissariat du 20e arrondissement
Me Bouzrou dénonce une « omission délibérée dans les communications officielles » et demande en conséquence « la récusation des magistrats instructeurs afin que ce dossier soit confié à d'autres magistrats, capables d'agir dans le respect de la loi et sans biais ».
La défense des policiers mis en cause n'a pas pu être jointe ou n'a pas souhaité commenter ces nouvelles révélations. L'affaire continue de susciter de vives interrogations sur les conditions de cette mort en garde à vue.



