Mort de Quentin Deranque : sept hommes mis en examen, le ministre de l'intérieur ne demande pas l'interdiction de la marche
Le ministre de l'intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré qu'il « ne demande pas l'interdiction » de la marche en hommage à Quentin Deranque, prévue pour samedi à Lyon. Cette annonce intervient alors que le maire de Lyon, Grégory Doucet, avait exprimé ses craintes quant à « un risque réel de débordements violents ».
Sept hommes mis en examen, dont l'assistant parlementaire de Raphaël Arnault
Jeudi soir, sept hommes âgés de 20 à 26 ans ont été mis en examen et placés sous mandat de dépôt après leur comparution devant un juge des libertés et de la détention. Parmi eux figure Jacques-Elie Favrot, l'assistant du député « insoumis » Raphaël Arnault, poursuivi pour « complicité par instigation » d'homicide volontaire.
Les six autres suspects sont poursuivis pour « homicide volontaire ». Selon le procureur de Lyon, Thierry Dran, tous contestent l'intention homicide, bien que certains aient reconnu leur présence sur les lieux de l'agression et admis avoir porté des coups à Quentin Deranque ou à d'autres victimes.
Les profils des suspects et les réactions politiques
Les sept suspects sont principalement des étudiants ou des employés du privé, avec un sans-emploi et un assistant parlementaire. Trois d'entre eux déclarent avoir fait partie ou être proches de la mouvance d'ultragauche. Le procureur a précisé que deux des suspects ont des antécédents judiciaires pour violence et usage de stupéfiants.
Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a martelé qu'il n'était « pas question » de suspendre ou d'exclure Raphaël Arnault du groupe LFI, arguant qu'il ne saurait être tenu responsable des actes de ses salariés. De son côté, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a appelé le député à « tirer les conclusions » si la justice trouve des indices graves le concernant.
La marche en hommage et les tensions locales
La marche prévue samedi à Lyon, réclamant « Justice pour Quentin, tué par les antifas », est largement relayée par l'extrême droite sur les réseaux sociaux. La famille de Quentin Deranque a appelé au calme et a déclaré ne pas soutenir cette initiative, considérant qu'elle ne leur appartient pas.
Des élus du Rhône, dont la députée socialiste Sandrine Runel et le sénateur écologiste Thomas Dossus, ont alerté sur le « risque sérieux de débordements » que pourrait entraîner cette marche, notamment en raison de la présence de militants d'extrême droite venus de toute l'Europe.
Contexte international et incidents connexes
Emmanuel Macron, en visite en Inde, a appelé à éviter « tout engrenage de la violence », affirmant qu'en République il n'y avait « pas de place pour les mouvements qui adoptent et légitiment la violence ». La première ministre italienne, Giorgia Meloni, a exprimé sa « stupéfaction » après les critiques du président français, précisant que ses propos étaient un signe de solidarité sans incidence sur les affaires intérieures de la France.
Par ailleurs, la justice a ouvert une enquête pour dégradations graves après que la permanence d'une candidate LFI à Castres a été aspergée de peinture rouge, une action revendiquée par le groupuscule d'extrême droite Patria Albiges.



