Montpellier : une opération policière décisive pour libérer une otage des mains de dealers
À la cour d’assises spéciale de l’Hérault, quatre hommes comparaissent pour des faits graves survenus le 24 septembre 2022 à Montpellier. Ils sont accusés d’enlèvement et de séquestration d’une jeune femme, Maria, dans un contexte de trafic de stupéfiants. Le verdict pourrait être prononcé dès ce jeudi 5 mars au soir, mettant fin à une affaire qui a mobilisé les forces de l’ordre.
Les origines du réseau de drogue et l’escalade de la violence
L’affaire trouve ses racines dans un petit réseau de revente de drogue, mis en place en 2021 par deux amis, Marvin Gueye, 29 ans, et Prince Amangoua, 28 ans. Opérant comme de véritables businessmen modernes, ils géraient une centaine de clients en ligne, des livreurs via Telegram, tout en tenant un salon de coiffure et un snack de burgers. Ils étaient assistés par une jeune femme aux cheveux rouges, surnommée Udiki, couverte de tatouages japonais et accompagnée de son rottweiller. Elle servait de nourrice, gardant la drogue à son domicile, faisant les comptes et encaissant entre 3000 et 4000 euros par jour.
Fin août 2022, la tranquillité du réseau est brutalement interrompue lorsque Udiki est agressée et dévalisée par deux hommes cagoulés. Choqué par son visage ensanglanté, Prince lui promet des représailles. Le réseau se mobilise alors pour identifier le coupable présumé, Hassane, en utilisant des filatures, des surveillances et même des contacts en préfecture. Ils se procurent des armes, dont des pistolets automatiques, un revolver et un fusil à pompe, préparant un guet-apens.
L’enlèvement de Maria et la demande de rançon
Le 24 septembre 2022, Hassane est attiré sur un parking de Montpellier avec sa petite amie, Maria. Lors de l’embuscade, des coups de feu sont tirés, et Maria est enlevée. Les ravisseurs exigent une rançon de 50 000 euros, filmant la jeune femme avec un canon de fusil sur la tête et menaçant de la tuer. Le père de Maria, les poings serrés, témoigne de l’horreur des menaces proférées contre sa fille.
Hassane contacte immédiatement la police, implorant de sauver Maria, même s’il doit en subir les conséquences pour son implication dans le trafic. À la police judiciaire de Montpellier, c’est la mobilisation générale. Une commandante prend en charge l’urgence dès 5 heures du matin, soulignant que la vie d’une jeune femme est en jeu. Un négociateur arrive de Marseille, et Hassane est placé dans une chambre d’hôtel avec deux policiers pour communiquer avec les ravisseurs.
L’intervention de la BRI et la libération de l’otage
Dans une scène digne d’un film, lors d’un appel vidéo, les ravisseurs vérifient si Hassane est seul. Un policier se cache rapidement dans un placard, l’autre dans la salle de bains, évitant de justesse d’être découverts. Grâce à des analyses en temps réel de la téléphonie et des recoupements, la Brigade de recherche et d’intervention parvient à identifier l’immeuble où Maria est séquestrée, au 5 avenue Charles Flahault. Vers 17 heures, elle est libérée, alors que la négociation pour la rançon était encore en cours.
La policière en charge précise que les malfaiteurs insistaient pour obtenir les 50 000 euros, mais l’intervention rapide a permis de sauver Maria sans verser la somme. Prince Amangoua reconnaît rétrospectivement que la situation avait dérapé, avouant qu’il pensait récupérer l’argent avant de libérer l’otage. L’affaire illustre les risques extrêmes liés au trafic de drogue et l’efficacité des forces de l’ordre dans des situations critiques.
Le jugement de cette affaire, qui met en lumière la violence et la cupidité des réseaux criminels, pourrait être rendu dès ce jeudi soir, apportant une conclusion à ce drame qui a secoué Montpellier.



