Allemagne : mobilisation massive pour Collien Fernandes, victime de deepfakes pornographiques
Mobilisation en Allemagne pour Collien Fernandes victime de deepfakes

Une vague de soutien traverse l'Allemagne pour Collien Fernandes

Depuis une semaine, des milliers de manifestants défilent dans les rues de l'Allemagne pour exprimer leur solidarité avec l'actrice Collien Fernandes. Cette dernière accuse son ex-mari, l'animateur Christian Ulmen, d'avoir diffusé de faux contenus pornographiques la mettant en scène, générés par intelligence artificielle. Les rassemblements se multiplient à Berlin, Hambourg, Francfort et Munich, portés par une indignation croissante face aux violences numériques.

Une affaire qui expose les lacunes juridiques

L'affaire Fernandes a mis en lumière les défaillances flagrantes du système juridique allemand dans la protection des victimes en ligne. Le collectif Vulver, à l'origine de plusieurs manifestations, dénonce l'absence de cadre adapté pour poursuivre ce type de délits. Un projet de loi sur les deepfakes était en préparation, mais la publication d'une enquête par l'hebdomadaire Spiegel mi-mars a accentué l'urgence d'agir.

Le porte-parole du ministère de la Justice, Eike Hosemann, a promis le 20 mars une loi sur les violences numériques « dans un délai très court ». La ministre Stefanie Hubig a reconnu le « retard du code pénal sur les évolutions technologiques », tandis que Sven Rebehn, directeur de l'association des juges, a pointé un manque de personnel pour traiter ces affaires.

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Des accusations graves et un harcèlement prolongé

Collien Fernandes, âgée de 44 ans, affirme que son ex-mari a créé de faux profils sur les réseaux sociaux pour contacter des hommes de son entourage et diffuser des vidéos pornographiques falsifiées. Ces actions ont entraîné un harcèlement en ligne persistant depuis des années. L'actrice a qualifié l'Allemagne de « paradis pour les agresseurs », critiquant les limites juridiques pour engager des poursuites.

Le parquet allemand a ouvert une enquête sur Christian Ulmen basée sur un « soupçon initial » lié au harcèlement, avec la possibilité d'autres infractions. Une plainte antérieure déposée en 2024 avait été classée sans suite. En parallèle, Collien Fernandes a porté plainte en Espagne, où la législation sur les violences faites aux femmes est plus stricte.

Une mobilisation citoyenne impressionnante

Le scandale a suscité une mobilisation massive, avec environ 17 000 manifestants à Hambourg le 26 mars. Collien Fernandes, initialement réticente à participer en raison de menaces de mort, a finalement pris la parole vêtue d'un gilet pare-balles, déclarant : « des hommes, et uniquement des hommes, veulent me tuer ». Son émotion a été palpable, accueillie par les acclamations de la foule.

Luna Sahling, porte-parole des Jeunes Verts, a souligné que les manifestants soutiennent aussi « les victimes qui n'ont pas une voix aussi forte ». Elle a ajouté : « Nous voulons montrer que nous avons besoin de vraies lois qui sensibilisent particulièrement les femmes à cette violence numérique ».

Controverse politique autour des violences

Le chancelier conservateur Friedrich Merz a provoqué la polémique en liant la violence numérique à l'immigration. Lors d'une session parlementaire, il a affirmé qu'une « part considérable de cette violence provient des communautés d'immigrés », dans une tentative de contrer l'extrême droite. Cette déclaration a été qualifiée de « mensonge populiste scandaleux » par Lydia Dietrich, directrice d'une association d'aide aux femmes à Munich.

Cette affaire est comparée par certains médias à l'affaire Gisèle Pelicot en France, symbolisant la lutte contre les violences sexuelles à l'ère numérique. Elle soulève des questions cruciales sur la protection des individus face aux abus technologiques et la nécessité de réformes législatives rapides.

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