Quinze ans de réclusion criminelle. C'est la peine à laquelle la cour et les jurés condamnent Aloys L. pour avoir tué sa mère. Le verdict a été rendu ce mardi, au terme d'un long délibéré.
Un crime violent dans un huis clos familial
Depuis le 5 mai, ce jeune homme de 27 ans à l'équilibre psychique fragile était jugé par la cour d'assises des Hauts-de-Seine, à Nanterre, pour avoir planté un couteau à une vingtaine de reprises dans le corps de sa mère. Treize coups dans la nuque et le bas du visage, six dans le thorax.
Le drame s'est noué dans le huis clos de l'appartement de la victime, une femme de 46 ans à la dérive. Le jour du crime, le 18 janvier 2023, Aloys L. lui a rendu visite, dans son logement de la rue Etienne-Dolet, à Malakoff, dont elle sortait peu. Elle allait mal, il s'apprêtait à passer quelques jours avec elle. Et lors d'une violente dispute, il s'est emparé d'un couteau pour passer à l'acte.
Souffrance omniprésente et altération du discernement
Le procès n'a pas permis de retracer précisément l'élément déclencheur et le déroulement des faits. Ce qu'il a permis de comprendre, c'est que la souffrance était omniprésente dans cette relation mère-fils marquée par la violence.
Selon les psychiatres, Aloys L. n'avait pas toute sa tête au moment des faits. Des signes d'une schizophrénie naissante les ont conduits à se prononcer pour l'altération de son discernement. Ce que le jury d'assises a validé.
Pour Me Caty Richard, avocate de la famille de la victime, altération ou pas, il y avait surtout de la préméditation dans le crime d'Aloys, qui a pris des affaires pour plusieurs jours avant de se rendre chez sa mère. L'avocate générale a écarté cette hypothèse, la cour et les jurés aussi. Dans sa plaidoirie, en défense d'Aloys L., un gamin « détruit de l'intérieur », Me Claire Doubliez a exhorté les jurés à opter pour un long suivi sociojudiciaire. Le verdict le fixe à sept ans.



