Un Marseillais condamné à Monaco pour trafic de cannabis déguisé en CBD
Marseillais condamné à Monaco pour cannabis déguisé en CBD

Un Marseillais condamné à Monaco pour trafic de cannabis déguisé en CBD

Un Marseillais de 39 ans, se présentant comme un commerçant spécialisé dans le CBD, a été condamné à un an de prison ferme par le tribunal correctionnel de Monaco. Cette décision fait suite à une saisie importante de 1,7 kilogramme de cannabis lors d'un contrôle routier de routine effectué par la Sûreté publique monégasque.

Une saisie conséquente lors d'un contrôle routier

Le vendredi 6 mars 2026, les agents de la Sûreté publique de Monaco ont été alertés par l'état peu reluisant d'un véhicule circulant sur l'avenue d'Ostende. Ils ont décidé d'effectuer un contrôle de routine qui a mené à une découverte significative. Dans le coffre de la voiture, les policiers ont mis au jour 1,7 kilogramme de marchandise répartie dans onze cartons. Cette saisie comprenait plus de 1 200 cigarettes pré-roulées et une plaquette de résine, toutes suspectées d'être du cannabis.

Les deux occupants du véhicule, Mehdi P., 39 ans, et Dalida B., 35 ans, tous deux originaires de Marseille, ont immédiatement affirmé qu'il s'agissait de produits à base de CBD. Ils ont expliqué lors de leur garde à vue de 96 heures qu'ils avaient tenté de vendre cette marchandise à un commerçant de Menton, sans succès, avant de se rendre en Principauté pour profiter des jeux de casino.

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Un duo aux profils contrastés

Mehdi P. se présentait comme le gérant d'une activité commerciale de CBD, avec un passé mouvementé dans ce secteur. Il avait déjà liquidé plusieurs sociétés et fermé des boutiques avant de partir pour Dubaï, puis de revenir en France. Dalida B., quant à elle, était décrite comme sa « stagiaire », une collaboratrice non déclarée et non rémunérée, formant ainsi un duo pour le moins étonnant.

Des analyses qui contredisent les déclarations

Devant le tribunal correctionnel de Monaco, où les deux prévenus ont comparu en comparution immédiate le mardi 24 mars 2026, l'infraction à la législation sur les stupéfiants a été clairement établie. Contrairement à la France, Monaco a interdit le CBD par arrêté ministériel, rendant toute possession illégale.

Les analyses toxicologiques ont été sans appel : l'intégralité de la marchandise saisie présentait un taux de THC supérieur à 0,30 %, le seuil légal en France au-delà duquel le produit est considéré comme un stupéfiant. Les taux mesurés variaient entre 0,31 % et 1,88 %, confirmant qu'il s'agissait bien de cannabis et non de CBD.

De plus, les produits ne contenaient pas de HHC-P, un cannabinoïde synthétique interdit en France depuis 2023, contrairement aux indications des étiquettes retrouvées dans le véhicule. Cette découverte a suggéré que Mehdi P. avait délibérément utilisé une « publicité mensongère » pour faciliter la vente de sa marchandise.

Des réquisitions sévères du parquet

Emmanuelle Carniello, substitut du procureur général de Monaco, a souligné que « la globalité de son activité est délinquante : le produit, les taux de THC, les étiquettes, la comptabilité, le travail dissimulé… ». Elle a requis contre Mehdi P., qui avait un casier judiciaire bien rempli et était en état de récidive légale pour des infractions liées aux stupéfiants, un an de prison ferme avec maintien des effets du mandat d'arrêt.

Pour Dalida B., sans antécédent judiciaire, la réquisition était de huit mois de prison, dont six assortis du sursis. Pour les deux prévenus, une interdiction de paraître en Principauté pendant dix ans et la confiscation des scellés, incluant la voiture et la marchandise, ont également été demandées.

Une défense axée sur la bonne foi

En défense, les avocats des deux prévenus n'ont pas réclamé la relaxe, reconnaissant l'interdiction du CBD à Monaco. Me Lionel Dick, conseil de Dalida B., a plaidé « la bêtise et la naïveté » ainsi que « l'ignorance des règles » en vigueur dans la Cité-État et dans le domaine du CBD. Il a affirmé qu'elle avait simplement voulu s'engager dans un business qui semblait florissant, sans intention délictueuse.

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Me Violaine Rapaire, conseil de Mehdi P., a eu une tâche plus ardue. Des conversations extraites du téléphone de son client laissaient entendre qu'il était plus informé qu'il ne l'avait laissé paraître à la barre. Elle a néanmoins défendu qu'il avait agi de bonne foi, croyant que son fournisseur lui avait fourni une marchandise légale avec un taux de THC conforme aux normes françaises. « C'est un commerçant, et pas un trafiquant », a-t-elle insisté.

Une condamnation alignée sur les réquisitions

Après délibération, la formation collégiale du tribunal a déclaré les deux prévenus coupables et a suivi en tous points les réquisitions du ministère public. Mehdi P. a été condamné à un an de prison ferme, tandis que Dalida B. a écopé de huit mois de prison, dont six avec sursis. L'interdiction de territoire pendant dix ans et la confiscation des scellés ont également été prononcées. Les deux individus ont été reconduits à la maison d'arrêt de Monaco.