Le maire LFI de Saint-Denis épinglé par la justice pour son arrêté anti-expulsions
Maire de Saint-Denis épinglé pour arrêté anti-expulsions

Le maire de Saint-Denis dans la tourmente judiciaire pour son arrêté anti-expulsions

Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis élu sous l'étiquette La France Insoumise (LFI), se retrouve une nouvelle fois au cœur d'une polémique. Cette fois, c'est pour avoir pris un arrêté municipal qui suscite la colère des propriétaires et l'opposition ferme des autorités préfectorales.

Un arrêté controversé sur les expulsions locatives

Le 1er avril 2026, la mairie de Saint-Denis a adopté un arrêté interdisant les expulsions locatives lorsqu'aucune solution de relogement n'est proposée au préalable. Cette mesure, qui devait initialement s'appliquer jusqu'au 31 octobre 2026, visait selon son initiateur à "renforcer la protection des ménages les plus vulnérables".

Le document stipulait clairement que toute procédure d'expulsion devait être précédée d'un relogement effectif, et que le représentant de l'État devait justifier ce relogement au moins 24 heures avant toute action d'expulsion. Pour Bally Bagayoko, cette disposition constituait "un socle essentiel" pour protéger les locataires en situation précaire.

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La réaction immédiate des autorités préfectorales

Dès le lendemain, le 2 avril 2026, le préfet de Seine-Saint-Denis a saisi le tribunal administratif de Montreuil pour demander la suspension de cet arrêté. Les services de l'État ont estimé que le texte n'était pas conforme à la législation en vigueur, créant ainsi un conflit direct entre la municipalité et les autorités préfectorales.

Dans un communiqué officiel, la préfecture a précisé : "Après examen, les services de l'État considèrent que ce texte n'est pas conforme à la loi." Cette position a immédiatement reçu le soutien d'anciens membres du gouvernement, dont Guillaume Kasbarian, l'ancien ministre délégué chargé du Logement.

Les réactions politiques et médiatiques

Guillaume Kasbarian n'a pas tardé à réagir sur le réseau social X, déclarant : "LFI crache ENCORE sur la propriété privée. Mr le Maire, votre arrêté est ILLÉGAL. Vous n'avez pas le droit de piétiner les décisions de justice fondées sur la LOI." Son message, adressé directement au gouvernement et au préfet de Seine-Saint-Denis, appelait à un recours en justice immédiat.

Cette affaire s'inscrit dans une série de controverses entourant le nouveau maire de Saint-Denis depuis son élection. Rappelons que Bally Bagayoko avait déjà fait polémique en annonçant son intention d'écarter les agents municipaux qui ne seraient pas en accord avec sa ligne politique, affirmant que "les fonctionnaires sont avant tout des gens qui répondent en fait à une commande politique".

Le contexte plus large des tensions politiques

Cette nouvelle polémique intervient alors que le maire de Saint-Denis est déjà engagé dans plusieurs autres conflits médiatiques et judiciaires :

  • Une enquête pour injures racistes a été ouverte après des séquences chocs diffusées sur CNews
  • Bally Bagayoko a demandé la fermeture de CNews, qualifiant la chaîne de "raciste" et appelant l'Arcom à être "plus sévère"

L'arrêté anti-expulsions de Saint-Denis pose donc des questions fondamentales sur :

  1. Les limites du pouvoir municipal face à la loi nationale
  2. L'équilibre entre protection des locataires et droits des propriétaires
  3. La stratégie politique de La France Insoumise en matière de logement

Alors que le tribunal administratif de Montreuil doit se prononcer sur la suspension de cet arrêté, cette affaire illustre les tensions croissantes entre certaines municipalités d'opposition et les autorités préfectorales représentant l'État central. Elle met également en lumière les difficultés concrètes rencontrées par les ménages vulnérables face au risque d'expulsion, un problème qui dépasse largement le cadre de la seule commune de Saint-Denis.

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