Soutien massif à la loi contre l'antisémitisme renouvelé à l'Assemblée nationale
Loi antisémitisme : soutien citoyen et intellectuel à l'Assemblée

Une mobilisation citoyenne pour une loi contre l'antisémitisme renouvelé

Nous, citoyens profondément attachés à l'universalisme républicain, exprimons notre soutien total à la proposition de loi destinée à combattre les formes renouvelées de l'antisémitisme, qui sera prochainement examinée à l'Assemblée nationale. Nous, associations engagées contre le racisme et l'antisémitisme, intellectuels, chercheurs et artistes, appuyons cette initiative car une haine que l'on pensait reléguée aux abysses de l'histoire resurgit aujourd'hui avec une force particulièrement inquiétante.

Une explosion alarmante des actes antisémites

Cette haine se manifeste désormais au grand jour. Elle s'installe, persiste, se banalise parfois, et s'assume de plus en plus ouvertement. Elle est d'autant plus redoutable qu'elle est souvent contestée, minimisée ou disqualifiée au moment même où l'on tente de la nommer. Ce qui frappe aujourd'hui, ce n'est pas seulement l'explosion des actes antisémites – avec une augmentation de près de 1 000 % depuis le 7 octobre 2023 –, c'est aussi le climat dans lequel ils s'inscrivent : une hésitation à condamner, un déplacement des repères, une confusion entretenue entre critique légitime et désignation des personnes.

L'antisémitisme contemporain ne se présente plus toujours comme tel. Il emprunte d'autres mots, d'autres causes, d'autres justifications, et produit des effets très concrets : des individus assignés, sommés de se justifier, rendus responsables de ce qu'ils ne sont pas. Les Assises de lutte contre l'antisémitisme l'ont montré : quels que soient leurs choix, leurs opinions ou leur histoire, les Français juifs sont systématiquement renvoyés à Israël. Ils doivent se justifier, se dissocier, s'expliquer. On exige d'eux ce que l'on n'exige de personne d'autre.

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Une proposition de loi pour clarifier les limites du débat public

C'est à ce point précis que le droit est interpellé. La proposition de loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ne prétend pas répondre à elle seule à un phénomène ancien et profond. Mais elle intervient à un moment où cet antisémitisme, longtemps contenu, s'exprime de nouveau avec une intensité que l'on croyait révolue. Elle ne vise ni à réguler les opinions ni à entraver le débat public. Elle répond à un basculement : celui qui fait passer certaines paroles du registre de l'expression à celui de la légitimation.

Critiquer un gouvernement, contester une politique, dénoncer une guerre relèvent du débat démocratique. Mais appeler à la disparition d'un État, justifier des actes de violence, banaliser l'inacceptable relèvent d'un autre registre. Ce que nous voyons aujourd'hui n'est pas une simple radicalisation des opinions. C'est un brouillage des frontières. Et lorsque les frontières se brouillent, ce sont toujours les mêmes qui deviennent vulnérables.

Défendre la République par la protection de tous ses citoyens

C'est pourquoi cette proposition de loi nous paraît nécessaire. Elle ne vient pas clore un débat. Elle vient en fixer les limites. Elle ne restreint pas la liberté d'expression. Elle empêche qu'elle soit détournée contre ceux qu'elle est censée protéger. Notre histoire nous a appris où mènent les renoncements. Elle nous oblige à refuser que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Le vote de ce texte ne réglera pas tout. Mais il dira si nous sommes capables de regarder la réalité en face. Le soutenir, c'est affirmer une exigence simple : que la République protège chacun de ses citoyens. Protéger les Français juifs, ce n'est pas défendre une cause particulière. C'est défendre l'idée même de République. C'est refuser que la haine trouve refuge dans nos mots, nos silences ou nos lois.

Nous signons ce texte parce que ce moment exige de la clarté. Et parce que, dans une République fidèle à ses principes, la clarté est une forme de courage.

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Liste des premiers signataires

  • Manuel Valls, ancien Premier ministre
  • Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre
  • Jean-Michel Blanquer, président du Laboratoire de la République
  • Elisabeth Badinter, philosophe et écrivaine
  • Yonathan Arfi, président du Crif
  • Boualem Sansal, écrivain
  • Anne Sinclair, journaliste et essayiste
  • Arthur Essebag, producteur
  • Barbara Butch, artiste et DJ
  • Emilie Frèche, écrivaine et scénariste
  • Gérard Darmon, comédien
  • Roger-Pol Droit, philosophe
  • Stéphane Freiss, comédien et réalisateur