Jérôme Kerviel dénonce le système carcéral français et travaille sur un scénario de prison
Kerviel critique la prison et écrit un scénario sur l'enfermement

L'ancien trader Jérôme Kerviel transforme son expérience carcérale en projet artistique

Le parcours tumultueux de Jérôme Kerviel, l'ancien trader condamné pour avoir provoqué des pertes colossales de 4,9 milliards d'euros à la Société générale en 2008, continue de fasciner le public et d'inspirer les créateurs. Son histoire a déjà donné naissance à un film intitulé L'Outsider en 2016, ainsi qu'à une série documentaire récente, Kerviel : un trader, 50 milliards, diffusée en 2024 sur la plateforme Max.

Une critique acerbe du système pénitentiaire français

Condamné à trois années de prison ferme, Jérôme Kerviel souhaite désormais mettre à profit son expérience personnelle derrière les barreaux. « On ressort changé de la prison, c'est dur. Et ça ne fonctionne pas », affirme-t-il dans un entretien accordé au journal Nice-Matin, à l'occasion d'une conférence qu'il doit animer à l'Ecole du Luxe sur le Campus du Golfe de Saint-Tropez.

L'ancien trader porte un regard particulièrement sévère sur le système carcéral français, qu'il qualifie d'« aberration ». Il prend pour exemple le bref séjour en prison de l'ancien président Nicolas Sarkozy, qu'il considère toujours comme « un adversaire » personnel. Pour Kerviel, cette incarcération médiatisée démontre l'inutilité de l'enfermement pour de nombreux cas.

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Des questions fondamentales sur la finalité de la prison

« En quoi le passage de Sarkozy en prison a-t-il été utile à la société ? A-t-il été utile à la société ? Et le mien, à deux reprises ? », interroge-t-il avec insistance. Jérôme Kerviel estime qu'il aurait été « plus utile à donner des cours de français, ou à ramasser des déchets » plutôt que de purger une peine d'emprisonnement.

Selon ses observations recueillies lors de son incarcération à Fleury-Mérogis, « l'enfermement doit être réservé aux individus constituant un danger ». Il constate amèrement que « leur passage ici les renferme encore plus dans la délinquance et la criminalité », particulièrement pour les jeunes détenus qu'il a côtoyés.

De nouveaux projets artistiques et littéraires

L'ancien trader, qui avait déjà publié L'engrenage : mémoires d'un trader en 2010 et coécrit J'aurais pu passer à côté de ma vie en 2016, révèle travailler activement sur plusieurs nouveaux projets créatifs. Il confie au Nice-Matin être en train d'écrire un scénario sur la prison et de préparer une bande dessinée retraçant son histoire personnelle.

« Je suis comme un gamin qui découvre plein de choses ! », s'enthousiasme-t-il en évoquant son travail d'écriture, qu'il considère comme l'une des « choses fabuleuses » de sa vie actuelle. Père d'une fille de sept ans, Jérôme Kerviel semble avoir trouvé une nouvelle vocation dans la création artistique.

Un combat judiciaire qui se poursuit

Malgré cette renaissance créative, l'ancien trader doit toujours faire face à des conséquences financières importantes de son passé. Il reste redevable de « près de 2 millions d'euros », une dette initiale en dommages et intérêts réduite à un million d'euros mais assortie d'un intérêt annuel de 10%.

Son « combat se poursuit » pour obtenir la révision de son procès et faire reconnaître la responsabilité de la Société générale dans cette affaire retentissante. Jérôme Kerviel continue ainsi de naviguer entre son passé judiciaire tumultueux et son présent marqué par une réflexion profonde sur le système pénal et un engagement croissant dans la création artistique.

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