Jean-Pierre Servel, l'avocat toulonnais qui a fait vivre le savoir et la franc-maçonnerie
Jean-Pierre Servel : 40 ans d'enseignement du droit à Toulon

Jean-Pierre Servel, une vie dédiée au droit et à l'enseignement à Toulon

Cheveux en bataille et yeux bleus pétillants, Jean-Pierre Servel nous accueille dans sa demeure de Carqueiranne, son fief varois. Devant une bibliothèque imposante où les livres anciens s'élancent vers le plafond, ce professeur de droit émérite, doyen honoraire de la faculté et ancien ténor du barreau toulonnais, partage avec passion les engagements qui ont marqué son existence.

Une carrière ancrée dans la cité toulonnaise

« Toulon, c'est ma ville de naissance, de choix, de cœur, de tout ! », lance-t-il avec conviction. Pourtant, son parcours académique a débuté à Aix-en-Provence, faute de faculté de droit dans sa ville natale à l'époque. « Ça m'a toujours marqué qu'une grande ville comme Toulon n'ait pas d'université à sa mesure », confie-t-il, expliquant ainsi son engagement précoce pour le développement universitaire local.

Docteur en droit depuis 1978 et maître de conférences dès 1981, Jean-Pierre Servel a su concilier pendant des décennies l'enseignement universitaire et la pratique au sein de son cabinet d'avocats. « En travaillant beaucoup », résume-t-il sobrement, évoquant la génération des Marc Rivolet et Jean-Martin Guisiano, ces confrères qui ont tout donné à leur métier.

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L'enseignement : une mission de transmission

Pendant quarante ans, il a dispensé ses cours avec une méthode immuable : « capter l'attention de mon auditoire pour lui donner le goût du savoir ». Son objectif était clair : faire vivre le savoir à Toulon, entre Marseille et Nice. « Avant, il n'y avait rien ! Les jeunes devaient faire des kilomètres pour se former, louer un appartement et s'endetter », se souvient-il. Aujourd'hui, le campus toulonnais offre toutes les possibilités, une évolution qu'il salue après avoir formé environ 20 000 étudiants.

Engagements professionnels et maçonniques

Élu bâtonnier de l'Ordre des avocats de Toulon, Jean-Pierre Servel a découvert « l'unité et la solidarité dont cette profession pouvait faire preuve », notamment à travers la caisse de solidarité du barreau. Parallèlement, son engagement dans la franc-maçonnerie remonte à plusieurs décennies. Grand maître provincial de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) de 1995 à 2001, puis grand orateur jusqu'en 2009, il est devenu grand maître de la GLNF en 2012.

« J'ai toujours été partisan de communiquer sur la franc-maçonnerie », affirme-t-il, estimant que c'est la meilleure façon de combattre les idées reçues. Il a d'ailleurs consacré un ouvrage à ce sujet : La franc-maçonnerie à voix haute.

Regrets et accomplissements

Si une carrière politique l'a un temps tenté – Hubert Falco lui ayant proposé d'intégrer son équipe en 2001 –, il a décliné l'offre, un choix qu'il « regrette un peu aujourd'hui » tout en saluant la métamorphose de Toulon sous cette mandature.

Parmi les affaires judiciaires qui ont marqué ses 33 années au barreau, il cite particulièrement l'affaire Yann Piat et l'affaire De Canson. « Certains clients sont devenus des amis, mais j'ai toujours veillé à ne pas tout mélanger », précise-t-il.

Une retraite active et engagée

Aujourd'hui retiré du barreau depuis 2012, Jean-Pierre Servel cultive son potager à Carqueiranne, écoute de la musique classique et reste discret sur les conseils juridiques qu'on lui demande occasionnellement. Son énergie se concentre désormais sur la fondation de la GLNF, « qui aide des enfants dans la misère, au bout du monde ou plus près d'ici ». Une nouvelle passion tout aussi exigeante que celles qui ont rythmé sa vie professionnelle.

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