Monaco : douze ans après, un Italo-serbe face à la justice pour des cambriolages à Monte-Carlo
Ce mercredi 1er avril 2026, près de douze ans après une série de cambriolages survenue en Principauté, un Italo-serbe de 43 ans, Robert Konovalov Radosavljevic, comparaît devant le tribunal criminel de Monaco. L'homme, présumé innocent, est poursuivi pour quatre faits de vols par effraction commis en juillet et août 2014 au cœur du quartier de Monte-Carlo. Il encourt jusqu'à 20 ans de prison, mais conteste fermement les accusations portées contre lui.
Une affaire qui refait surface grâce à l'ADN
Les enquêteurs de la Sûreté publique de Monaco avaient minutieusement analysé les empreintes digitales, l'ADN et les images de vidéosurveillance sans parvenir à identifier le coupable pendant de longues années. C'est en été 2022 que le bureau d'Interpol à Berne a informé les autorités monégasques d'une correspondance ADN avec un homme impliqué dans des affaires de vols en Suisse : Robert Konovalov Radosavljevic.
Un mandat d'arrêt international avait été émis, mais son extradition n'a été effective que le 20 décembre 2023, après qu'il ait purgé une peine de prison en Suisse. Placé en détention provisoire à Monaco, il a nié toute implication lors de son audition par le juge d'instruction.
Des préjudices matériels considérables
Les cambriolages visés par ce procès ont causé des dégâts financiers particulièrement lourds. Le 27 juillet 2014, dans une villa du chemin de La Rousse, des bijoux, pièces d'or et montres d'une valeur estimée à plus de 1,5 million d'euros ont été dérobés. Un autre vol, perpétré les 15 et 16 août 2014 dans la résidence Victor Palace sur l'avenue de Grande-Bretagne, a entraîné la disparition de vêtements, bijoux, espèces et une montre pour un montant supérieur à 260 000 euros.
Malgré l'importance de ces préjudices, aucune partie civile ne s'est pour l'heure manifestée en vue du procès au tribunal criminel.
Un dossier distinct d'une autre affaire similaire
Il est à noter qu'un autre Serbe, Danijel Milenkovic, âgé de 34 ans, a été condamné le 4 décembre 2023 à 4 ans de prison ferme par le tribunal criminel de Monaco pour l'un de ces cambriolages, celui de la résidence Victor Palace. Arrêté en Suisse début 2022, il avait été rapidement extradé, ce qui a conduit à la disjonction des deux dossiers.
Des débats axés sur la preuve ADN
La défense de l'accusé, assurée par Me Hervé Campana du barreau de Monaco, devrait maintenir la ligne de la contestation des faits. Les débats à l'audience devraient principalement se concentrer sur l'analyse de l'ADN, avec la présence prévue de plusieurs experts à la barre :
- Un expert du laboratoire d'identification génétique
- Un psychologue
- Le directeur d'enquête de la Sûreté publique
Cette affaire intervient dans un contexte où Monaco avait enregistré une baisse significative des cambriolages en 2014, avec 24 cas recensés entre janvier et août contre 37 à la même période en 2013, soit une diminution de 35%. Toutefois, cette statistique n'avait pas totalement apaisé le sentiment d'insécurité ressenti par la population après la série de six vols et tentatives de vol survenue cet été-là.
À titre de comparaison, sur l'ensemble de l'année 2025, la Sûreté publique a recensé 12 cambriolages, contre 17 en 2024, ce qui représente une baisse de 29%.



