Israël : le gouvernement Netanyahou engage un bras de fer avec la justice
Israël : le gouvernement Netanyahou défie la justice

Le gouvernement israélien dirigé par Benjamin Netanyahou a franchi une étape décisive dans son projet de réforme judiciaire en faisant adopter, lundi 6 juillet, une loi qui restreint considérablement les prérogatives de la Cour suprême. Cette décision, qualifiée de « coup d’État juridique » par l’opposition, a immédiatement provoqué une onde de choc dans le pays, avec des milliers de manifestants descendant dans les rues de Tel-Aviv et de Jérusalem.

Une loi controversée adoptée à la Knesset

La nouvelle loi, votée par 64 voix contre 56, modifie la composition du comité de sélection des juges, donnant au gouvernement une majorité de fait dans la nomination des magistrats. Selon le texte, le comité sera désormais composé de 11 membres : trois ministres, trois députés de la coalition, deux juges de la Cour suprême, deux représentants de l’ordre des avocats et un président nommé par le gouvernement. « Cette loi détruit l’indépendance de la justice », a déclaré Yaïr Lapid, chef de l’opposition, lors d’une intervention à la Knesset.

Réactions et conséquences immédiates

Le président de la Cour suprême, Esther Hayut, a dénoncé une « attaque sans précédent contre l’État de droit ». Des dizaines de milliers d’Israéliens ont manifesté dans la soirée, bloquant les artères principales de Tel-Aviv. La police a fait usage de canons à eau pour disperser les foules. Selon les médias locaux, au moins 12 personnes ont été arrêtées lors de heurts. L’ancien ministre de la Défense, Benny Gantz, a appelé à une « résistance civile pacifique ».

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Un contexte politique tendu

Cette réforme s’inscrit dans un climat de défiance croissante entre le gouvernement et le système judiciaire. Netanyahou, actuellement jugé pour corruption, fraude et abus de confiance, a toujours nié les accusations et dénoncé un « complot politique ». Ses alliés de la coalition, notamment les partis d’extrême droite et religieux, soutiennent que la Cour suprême outrepasse ses prérogatives en annulant des lois votées par le Parlement. « La démocratie israélienne sera renforcée par cette réforme », a affirmé le ministre de la Justice, Yariv Levin, l’un des architectes du projet.

Impact sur la société israélienne

La crise judiciaire a également des répercussions économiques. Le shekel a chuté de 2 % face au dollar lundi, tandis que l’indice boursier TA-35 a perdu 1,5 %. Des économistes avertissent que l’instabilité politique pourrait nuire aux investissements étrangers. Par ailleurs, les réservistes de l’armée, y compris des pilotes de l’armée de l’air, ont menacé de ne pas se présenter à leurs unités en signe de protestation, ce qui inquiète les responsables de la sécurité.

Réactions internationales

La communauté internationale a exprimé ses préoccupations. Les États-Unis, par la voix du porte-parole du Département d’État, ont déclaré suivre « avec attention » la situation, rappelant l’importance de l’indépendance judiciaire. L’Union européenne a appelé au dialogue, tandis que plusieurs pays arabes signataires des accords d’Abraham ont gardé le silence. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a exhorté les autorités israéliennes à « respecter l’État de droit et les droits de l’homme ».

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