Claude Guéant menace Nicolas Sarkozy de révélations au procès en appel du financement libyen
Dans un tournant majeur du procès en appel, Claude Guéant, ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, a coupé les ponts avec l'ex-président et menace de nouvelles révélations si ce dernier le met en cause. Malade et empêché d'assister aux audiences, Guéant a riposté via son avocat à des insinuations de Sarkozy, prévenant que sa mémoire pourrait resurgir.
Une attestation explosive versée aux débats
Mardi, une attestation de trois pages a été déposée devant la cour d'appel de Paris par Claude Guéant. Son avocat, Me Philippe Bouchez El Ghozi, a dénoncé des insinuations de Nicolas Sarkozy mettant en doute la probité de son ancien collaborateur. « Tout ce qu'a fait Claude Guéant l'a toujours été dans le cadre de ses fonctions et sur instructions de Nicolas Sarkozy », a asséné l'avocat, ajoutant que toute nouvelle mise en cause entraînerait un complément d'attestation.
La défense de Nicolas Sarkozy est restée mutique, déclarant ne faire aucun commentaire et soulignant que l'audience se déroule devant la cour, pas dans les médias. Cette réaction contraste avec les accusations portées lors du procès.
Un pacte de corruption avec la Libye
En septembre 2025, Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et Brice Hortefeux ont été condamnés pour association de malfaiteurs, à respectivement cinq et six ans de prison ferme. Le tribunal a estimé qu'ils avaient passé un pacte de corruption avec la Libye de Mouammar Kadhafi en 2005, en échange d'un financement occulte pour la campagne présidentielle de 2007.
Les contreparties recherchées par la Libye incluaient des avantages diplomatiques, commerciaux, et une possible grâce pour Abdallah Senoussi, beau-frère de Kadhafi. Jusqu'à présent, les trois hommes avaient maintenu un front cohérent, niant avoir informé Sarkozy des rencontres secrètes.
L'ambiguïté révélée par Claude Guéant
Dans son attestation, Claude Guéant introduit une ambiguïté significative : « La seule chose dont je sois sûr est que je ne lui en ai pas rendu compte immédiatement. » Il évoque également un dîner officiel à Tripoli en 2007, où Sarkozy l'aurait chargé de s'occuper de la préoccupation de Kadhafi concernant Senoussi, une scène qualifiée d'absurde par l'ex-président.
Cette nouvelle position fait écho à des enregistrements téléphoniques de 2013, où Guéant laissait entendre qu'il savait « quelques petits trucs » et que sa fille l'encourageait à les révéler. En première instance, Sarkozy dépeignait Guéant en honnête homme, mais son portrait est devenu moins flatteur, mettant en doute son train de vie et ses intérêts personnels.
Un tournant majeur pour le procès
Me Vincent Brengarth, avocat de l'association anticorruption Sherpa, commente : « La riposte de Claude Guéant est un tournant majeur, l'évolution que nous n'attendions plus tant les positions paraissaient relativement figées. » Il souligne que cette confirmation contredit la défense de Sarkozy et pourrait crucifier sa stratégie.
Alors que le procès en appel se poursuit, les menaces de révélations de Claude Guéant ajoutent une tension supplémentaire, avec des implications potentielles pour toutes les parties impliquées dans cette affaire judiciaire complexe.



