Gisèle Pelicot, première interview télévisée : « Je suis une femme debout aujourd'hui »
Gisèle Pelicot : « Je suis une femme debout aujourd'hui »

Gisèle Pelicot rompt le silence dans sa première interview télévisée

Ce mercredi 11 février, Gisèle Pelicot a accordé sa toute première interview télévisée sur le plateau de La Grande Librairie diffusée sur France 5. Cette prise de parole était très attendue depuis la conclusion du procès historique des viols de Mazan, où elle a été reconnue victime. La femme, désormais décrite comme « apaisée et sereine », a longuement évoqué son parcours judiciaire et personnel.

Une retenue assumée pendant le procès

« Il est vrai que, pendant ces quatre mois de procès, j’ai très peu pris la parole. J’ai dû parler à peu près quatre minutes en tout », a-t-elle confié avec franchise. Gisèle Pelicot justifie cette discrétion par sa nature profonde : « Je suis une femme pudique, discrète, et je ne souhaitais pas me mettre en avant. J’ai eu besoin d’ailleurs de prendre de la distance après ce parcours médiatique. » Cette période intense a nécessité un temps de recul essentiel pour elle.

Un livre comme message d'espoir et de résilience

Le 17 février prochain, Gisèle Pelicot publiera son ouvrage intitulé « Et la joie de vivre » aux éditions Flammarion. À travers ce livre, elle souhaite délivrer un puissant message d'espoir : « à toutes les femmes qui traversent des périodes très compliquées dans leur existence, se dire qu’on a tous en nous les ressources nécessaires, qu’on ne soupçonne pas. » Cette démarche témoigne d'une résilience remarquable, lui permettant d'affirmer avec force : « Je suis une femme debout aujourd’hui. »

Le choc de la découverte des preuves

Lors de l'interview, Gisèle Pelicot est revenue sur le moment traumatique où les enquêteurs lui ont présenté les preuves accablantes des viols commis sous soumission chimique. Confrontée à des photographies prises dans le décor familier de sa propre chambre, elle a vécu une dissociation profonde : « Je ne me reconnais pas sur les photos. Je dis ‘’ce n’est pas moi’’. […] Et là je découvre cette femme, inerte, sur son lit, qui n’a plus de conscience, qui n’a plus d’âme, avec un homme qu’elle ne connaît pas. » Elle ajoute : « Je pense qu’à ce moment-là mon cerveau a fait une dissociation, je ne réalise plus ce qu’on est en train de me dire, je n’entends plus ce qu’on me dit. » Il lui a fallu plusieurs heures pour intégrer cette réalité insoutenable.

L'écho international inattendu du procès

Si Gisèle Pelicot avait expressément demandé une audience publique pour le procès d'Avignon en 2024, elle avoue avoir été stupéfaite par la résonance mondiale de l'affaire. « Je n’aurais jamais pensé que ma parole trouverait un écho aussi large, y compris au-delà de nos frontières. Ça m’a totalement dépassée, l’ampleur de ce procès », reconnaît-elle. Cette visibilité s'est toutefois transformée en une immense vague de soutien qui l'a profondément touchée.

Une vague de soutien bouleversante

Elle se remémore avec une émotion palpable les milliers de lettres et témoignages reçus quotidiennement pendant le procès : « J’ai vu ces femmes arriver tous les jours, ces milliers de lettres que j’ai reçues tous les jours. Il y avait marqué sur les enveloppes ‘’Gisèle Pelicot’’, ‘’Mazan’’, ou ‘’Gisèle Pelicot Avignon’’. Et ça arrivait directement dans la salle, dans la cour d’assises d’Avignon. Et ça, ça m’a submergée et bouleversée. Bien sûr. » Ce soutien massif a été un pilier essentiel dans son cheminement.

Un message fort aux victimes

Désormais décrite comme une « femme apaisée, sereine », Gisèle Pelicot continue de porter son combat avec détermination. Elle adresse un message clair et réconfortant à toutes les victimes : « N’ayez jamais honte, ne perdez pas confiance en vous. » Son témoignage et sa résilience offrent une lueur d'espoir précieuse dans le paysage judiciaire et sociétal.