La France refuse l'extradition de Halima Ben Ali, fille de l'ex-autocrate tunisien
France refuse extradition Halima Ben Ali, fille ex-autocrate tunisien

La justice française rejette la demande d'extradition tunisienne

La France a officiellement refusé de remettre à la Tunisie Halima Ben Ali, cadette de l'ancien autocrate tunisien Zine El Abidine Ben Ali. Interpellée à Paris à l'automne 2025 à la demande des autorités tunisiennes pour des infractions financières présumées, elle bénéficie désormais d'une décision de justice qui la protège.

Un soulagement pour la défense

« Cette décision est un immense soulagement, la justice est passée », a déclaré son avocate, Me Samia Maktouf, à l'issue du délibéré mercredi devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. Halima Ben Ali, présente à l'audience, s'est refusée à toute déclaration mais a quitté le tribunal avec un sourire visible.

Les motifs du refus d'extradition

La chambre de l'instruction a justifié sa décision par plusieurs éléments cruciaux. Premièrement, l'absence de réponse de la Tunisie aux demandes de la justice française concernant l'indépendance et l'impartialité des autorités judiciaires tunisiennes. Deuxièmement, le manque de garanties sur les conditions de détention qui auraient été réservées à Halima Ben Ali et sur les recours disponibles en cas de mauvais traitements.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Lors des débats sur la demande d'extradition, qui se sont étalés sur plusieurs mois, Me Maktouf avait assuré que renvoyer sa cliente en Tunisie équivaudrait à « une condamnation à mort ». La cour a également levé le contrôle judiciaire de Halima Ben Ali, qui est désormais libre de ses mouvements.

Des accusations pouvant mener à 20 ans de prison

Les infractions financières imputées par la Tunisie, principalement liées à des accusations de blanchiment de capitaux provenant des fonds liés à l'exercice du pouvoir de son père, pouvaient lui valoir jusqu'à 20 ans d'emprisonnement. Cette affaire a soulevé des questions fondamentales sur sa nature.

Affaire politique ou de droit commun ?

La chambre de l'instruction s'est longuement interrogée sur ce point à la fin 2025, donnant lieu à des échanges parfois vifs entre le président de cette instance et l'avocat général. « Nous devons demander aux autorités tunisiennes si cette affaire ne relève que du droit commun », avançait l'avocat général le 26 novembre, soulignant la nécessité d'éviter toute politisation des poursuites.

La défense dénonce une vengeance

Me Samia Maktouf a toujours défendu l'innocence de sa cliente, affirmant : « Ma cliente n'a jamais commis de crime ou de délit et a quitté la Tunisie alors qu'elle était encore mineure », à 17 ans. Elle ajoutait : « On cherche à se venger de l'ancien chef d'Etat, son père, à travers elle ». Halima Ben Ali, qui vivait et travaillait à Dubaï, avait été interpellée à l'aéroport de Paris alors qu'elle s'apprêtait à rentrer chez elle après un séjour dans la capitale française.

Contexte historique

Le 14 janvier 2011, Zine El Abidine Ben Ali avait fui son pays après 23 ans au pouvoir, suite à une révolte populaire déclenchée par l'immolation en décembre 2010 d'un vendeur ambulant de Sidi Bouzid. Il était parti accompagné de sa seconde épouse, Leila Trabelsi, leur fille Halima et leur fils Mohamed Zine El Abidine. L'ancien autocrate, décédé en 2019, aura passé les huit dernières années de sa vie en exil en Arabie saoudite.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères ont déploré une régression des droits et libertés en Tunisie depuis 2021, ce qui a probablement influencé la décision de la justice française dans cette affaire d'extradition particulièrement sensible.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale