L'ancien manager de JoeyStarr et Johnny Hallyday condamné pour complicité de faux
Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict dans l'affaire opposant Sébastien Farran, ancien manager de JoeyStarr et dernier manager de Johnny Hallyday, à l'artiste. L'ancien agent artistique a été reconnu coupable de complicité de faux, mais a été relaxé des accusations d'escroquerie qui pesaient contre lui.
Une condamnation partielle pour falsification de documents
Sébastien Farran a été condamné vendredi à une amende totale de 80 000 euros, dont 60 000 euros avec sursis. Cette condamnation fait suite à la reconnaissance de sa culpabilité dans deux affaires de falsification de signature. Le tribunal a établi qu'un employé de sa société Lickshot avait imité la signature de Didier Morville, le vrai nom de JoeyStarr, sur deux types de documents.
Les falsifications concernaient spécifiquement :
- Un contrat signé avec la marque Kaporal
- Huit chèques émis entre 2013 et 2014
Le montant total de ces documents falsifiés s'élève à 75 000 euros. Malgré ces falsifications, le tribunal a estimé que les éléments ne permettaient pas de caractériser une escroquerie au sens du code pénal.
Un système comptable défaillant mais pas d'escroquerie
Dans les motivations de son jugement, le tribunal a reconnu le « sentiment d'enfumage » exprimé par Didier Morville. Les magistrats ont constaté un système où l'agent encaissait les gains pour le compte de l'artiste sans tenir sérieusement les comptes. Cependant, l'analyse détaillée des flux bancaires n'a révélé aucun déséquilibre significatif au détriment du chanteur.
Le tribunal a même noté que la situation financière globale était parfois en faveur de JoeyStarr. Cette analyse a conduit les magistrats à écarter les accusations d'escroquerie, tout en relevant la mauvaise tenue des comptes et les pratiques douteuses de l'ancien manager.
Une relation de confiance brisée
L'affaire trouve ses racines dans la relation professionnelle étroite qui unissait les deux hommes depuis les débuts de Suprême NTM. Sébastien Farran avait pris en charge la gestion des affaires du groupe dès son premier album, profitant selon JoeyStarr de son « aversion pour les chiffres » et de la « confiance absolue » que l'artiste lui accordait.
Lors de l'audience du 23 janvier, JoeyStarr avait déclaré que son ancien manager « avait pris les rênes de tout ça » et que c'était lui qui « gérait le business ». Cette relation de confiance s'est progressivement dégradée jusqu'à aboutir à la procédure judiciaire actuelle.
Des réparations civiles substantielles
Sur le plan civil, Sébastien Farran devra verser à son ancien client plusieurs montants substantiels :
- 102 717 euros de dommages et intérêts pour préjudice matériel
- 4 000 euros pour préjudice moral
- 10 000 euros pour couvrir les frais de justice
Le montant des dommages et intérêts correspond précisément au contrat Kaporal et aux chèques falsifiés, après déduction de la commission de 20% habituellement perçue par le manager et d'une avance déjà reçue par l'artiste.
Défendu par Me Thomas Klotz, Sébastien Farran n'a pas réussi à prouver l'accord de son client pour les documents falsifiés. Le tribunal a cependant estimé qu'il était peu vraisemblable que JoeyStarr, conseillé par Me Jean Ennochi, ait pu ignorer totalement l'existence de ces documents financiers.



