Un ancien instituteur parisien accusé à titre posthume de viols sur ses élèves
Un ancien instituteur d'école primaire, décédé en 2021, fait l'objet d'accusations posthumes de viols et d'agressions sexuelles par de nombreuses femmes qui étaient ses élèves dans les années 1980 et 1990. Ces révélations troublantes mettent en lumière des violences qui auraient été commises il y a plusieurs décennies.
Des témoignages accablants d'anciennes élèves
Le Parisien a recueilli les témoignages de plusieurs victimes de Philippe T., ancien professeur de CM2 à l'école élémentaire Vigée-Lebrun dans le XVe arrondissement de Paris. Ces femmes, qui n'avaient qu'une dizaine d'années à l'époque des faits, décrivent des agressions sexuelles et des viols qui auraient eu lieu pendant les cours ou lors de voyages scolaires.
Julie, l'une des victimes, confie avoir été agressée lors d'une classe verte : "Il nous passait de la crème sur le sexe après les cours d'équitation". Marylène se souvient quant à elle avoir été prise en photo sous la douche avec d'autres enfants. Virginie explique que "il prenait souvent les filles sur ses genoux". Ces témoignages, parmi d'autres recueillis par nos confrères, dressent un tableau alarmant des agissements de cet enseignant.
Une enquête judiciaire classée
Selon les informations du Parisien, le parquet de Paris a ouvert une enquête en 2024 concernant Philippe T. après avoir reçu le témoignage d'Hélène, une autre victime présumée. Cependant, fin janvier 2025, les autorités judiciaires ont annoncé que l'ancien instituteur ne serait pas poursuivi en raison de son décès survenu en 2021 à l'âge de 65 ans.
Le parquet a précisé que la procédure avait "fait l'objet d'un classement pour extinction de l'action publique du fait du décès de la personne mise en cause". Cette décision judiciaire, bien que conforme au droit, laisse les victimes dans une situation difficile, privées de la possibilité d'une reconnaissance officielle des faits devant la justice.
Des plaintes malgré tout
Malgré le décès de l'agresseur présumé, Julie a porté plainte le 24 novembre dernier pour agressions sexuelles et viol. Elle explique cette démarche par la nécessité de "pour que ce soit écrit quelque part". Cette plainte symbolique vise à établir une trace officielle des événements qu'elle a subis.
De plus, elle a également déposé plainte contre l'école pour "non-dénonciation de crime", suggérant que l'institution aurait pu être au courant des agissements de l'enseignant sans prendre les mesures appropriées. Cette double plainte met en lumière les difficultés rencontrées par les victimes pour obtenir justice, même lorsque l'auteur présumé des faits n'est plus en vie.
Ces révélations interviennent dans un contexte plus large de prise de conscience des violences sexuelles dans le milieu scolaire et éducatif. Elles soulèvent des questions importantes sur la protection des enfants dans les établissements scolaires et sur les mécanismes de signalement des comportements inappropriés.



