Un ex-enseignant jugé pour viols et agressions sexuelles sur 17 élèves via le 'jeu du goût'
Ex-enseignant jugé pour viols sur 17 élèves via 'jeu du goût'

Un ex-enseignant jugé pour viols et agressions sexuelles sur 17 élèves via le 'jeu du goût'

Un ancien enseignant d'une école privée bordelaise sera jugé pour avoir violé 17 élèves et agressé sexuellement six autres sur plusieurs années. La nouvelle a été annoncée jeudi 8 janvier 2026, suite à une plainte déposée contre l'établissement pour non-dénonciation de crime.

Les faits et les accusations

L'accusé, un père de famille de 54 ans qui exerçait au sein de l'ensemble scolaire catholique Saint-Genès La Salle, a été renvoyé devant la cour criminelle de la Gironde. Il encourt jusqu'à 20 ans de réclusion et reconnaît partiellement les faits. Trente-six victimes, toutes des fillettes à l'époque, ont été identifiées dans cette affaire.

Selon son avocat, Me Éric Grosselle, l'enseignant conteste les faits les plus graves, pour lesquels il affirme qu'il n'existe aucune preuve. Il avait été mis en examen et placé en détention provisoire en juin 2023, après avoir été dénoncé par des élèves de CM2 qu'il avait filmées sous la douche lors d'un séjour sur le bassin d'Arcachon.

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Le 'jeu du goût' et les manquements de l'établissement

Les plaignantes accusent l'enseignant d'avoir pratiqué un prétendu 'jeu du goût' dans sa classe, consistant à leur faire deviner des aliments les yeux bandés, afin d'introduire son sexe dans leur bouche. Ce jeu aurait eu lieu entre 2008 et 2012, alors que les victimes étaient âgées de 7 à 12 ans.

Un courrier de 2011 versé au dossier révèle que la direction de l'établissement, alertée par une mère d'élève sur l'existence de ce 'jeu', avait convoqué l'enseignant. À l'issue d'un entretien de clarification, il avait été simplement rappelé à l'ordre, sans procédure ni investigations supplémentaires.

Les conséquences et les plaintes

En novembre dernier, des parents ont déposé une plainte contre X pour non-dénonciation de crime, visant également le chef d'établissement de l'époque, cosignataire du courrier de 2011. Quelques jours après la mise en examen de l'enseignant, l'autre signataire, qui dirigeait l'école primaire, s'est suicidé en se jetant sous un train.

La plainte rapporte également que l'enseignant séparait les élèves par sexe avant les séances de sport et demandait aux filles de se changer dans la classe sous sa surveillance, un fait qui aurait été connu dans l'école. Le conseil des parents, Me Darmon, estime que les éléments du dossier révèlent un climat de silence préoccupant et que des mesures fermes auraient dû être prises plus tôt.

Les réactions et le contexte

Le parquet de Bordeaux a ouvert une enquête sur ces faits. L'établissement, partie civile dans l'affaire, se déclare résolument aux côtés des victimes, selon son avocat, Me Jean-Baptiste Bordas, sans commenter la plainte. Cette affaire rappelle un cas similaire en 2015 dans l'Isère, où un directeur d'école avait été mis en cause pour des 'ateliers du goût' et s'était pendu en prison l'année suivante.

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