Un ex-employé de Grand Frais dénonce des pratiques délétères et un contournement systémique du Code du travail
Un ancien salarié du magasin Grand Frais de Viriat, dans l'Ain, a décidé de briser le silence après un an et demi passé au rayon fruits et légumes. Cet étudiant en droit, interrogé par Le Progrès le lundi 13 avril 2026, attaque son ancien employeur pour harcèlement moral et dénonce ce qu'il qualifie de "système Grand Frais", un fonctionnement qui permettrait au groupement d'intérêt économique (GIE) de contourner le Code du travail de manière organisée.
Un contournement du Code du travail via un réseau de filiales
L'ex-employé explique que son contrat n'était pas signé directement avec Grand Frais, mais avec "Les Jardins de Viriat", une filiale de la holding ProSol. Cette dernière gère les rayons fruits et légumes de tous les magasins Grand Frais en France. Ce procédé est étendu à plusieurs autres rayons, tels que :
- La boucherie
- La crémerie
- La poissonnerie
En maintenant ses effectifs sous le seuil des 11 salariés par structure, l'enseigne échapperait ainsi à toute obligation de représentation du personnel, comme l'avait déjà pointé le syndicat Sud-Solidaires. Ce dernier avait attaqué Grand Frais devant le tribunal judiciaire de Lyon en janvier 2023 pour des pratiques similaires.
Un harcèlement moral banalisé et une procédure aux prud'hommes
Selon l'ancien salarié, cette organisation "ouvre la porte à tous les excès en termes de management toxique". Dans sa procédure aux prud'hommes, déposée le 10 avril 2026, il dénonce un harcèlement banalisé au sein de l'entreprise. Il rapporte notamment que des propos inconvenants auraient été tenus par trois supérieurs hiérarchiques à son encontre sur un groupe WhatsApp réservé aux employés.
L'affaire, qui met en lumière les conditions de travail au sein de l'enseigne née dans la région lyonnaise, a été mise en délibéré au 11 septembre 2026. Cette démarche juridique soulève des questions plus larges sur les pratiques employées par certaines grandes enseignes pour contourner les protections sociales et favoriser un environnement de travail délétère.



