Enquête suspendue sur la mort d'une Américaine tuée par un agent d'ICE, selon le New York Times
Enquête suspendue sur la mort d'une Américaine tuée par ICE

Une enquête approfondie du New York Times dévoile que les investigations concernant la mort de Renee Nicole Good, une citoyenne américaine de 37 ans et mère de famille, ont été brutalement interrompues par les autorités fédérales. Cette femme a été tuée par un agent de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) le 7 janvier dernier, dans des circonstances qui restent troubles et controversées.

Une procédure judiciaire stoppée net

Initialement, une enquête officielle avait été ouverte sous la direction du bureau du procureur du Minnesota, Joseph H. Thompson. Les autorités locales avaient entamé des démarches concrètes, incluant l'examen minutieux du véhicule dans lequel Renee Nicole Good a été abattue. L'objectif était de déterminer avec précision si le tir de l'agent était légitime ou non, en analysant notamment les éclaboussures de sang et les impacts de balles présents sur le SUV.

« Mais alors que les agents se préparaient à examiner ces éléments cruciaux, ils ont reçu l'ordre soudain d'arrêter toutes les procédures », rapporte le journal new-yorkais, citant plusieurs sources proches du dossier. Cet arrêt brutal a suscité l'incompréhension et la colère au sein des équipes d'enquête.

Des pressions venues des plus hautes sphères

Selon ces mêmes sources, les instructions de suspendre les investigations émanaient directement des plus hautes administrations américaines. Parmi les figures impliquées figure Kash Patel, directeur du FBI nommé par l'ancien président Donald Trump. Cette décision illustrerait, selon le quotidien, la volonté de l'administration Trump d'étouffer les véritables circonstances entourant la mort de Renee Nicole Good, qui ne correspondent pas aux déclarations officielles du gouvernement.

En effet, l'administration Trump avait affirmé que la jeune femme tentait de renverser l'agent avec son véhicule, justifiant ainsi un état de légitime défense au moment du tir. Kristi Noem, secrétaire à la sécurité intérieure, avait même qualifié la victime de « terroriste », un terme repris ensuite par le vice-président J. D. Vance. Ces accusations semblent aujourd'hui mises à mal par les éléments révélés.

Une version officielle contestée par des preuves vidéo

La publication de plusieurs vidéos du drame a sérieusement ébranlé la version soutenue par la communauté MAGA (Make America Great Again). Ces enregistrements montrent clairement Renee Nicole Good tentant de contourner l'agent pour s'éloigner du lieu de l'opération, et non de l'attaquer comme allégué. Ces images ont alimenté les doutes sur la légitimité des actions de l'agent d'ICE.

Parallèlement, le New York Times révèle que le Département de la Justice avait demandé d'adopter une approche différente, privilégiant une enquête sur la possible agression de l'agent par la victime. Washington aurait également cherché à orienter les investigations vers la partenaire de Renee Nicole Good, qui se trouvait avec elle lors de l'incident, selon le quotidien.

Des démissions en cascade au sein du bureau du procureur

Face à ces directives controversées venues d'en haut, plusieurs membres du bureau du procureur du Minnesota ont choisi de démissionner en signe de protestation. Joseph H. Thompson lui-même a quitté ses fonctions, suivi par d'autres collaborateurs clés. Ces départs successifs ont grandement affaibli le bureau du procureur fédéral, compromettant sa capacité à mener des enquêtes indépendantes et impartiales.

Cette affaire soulève des questions profondes sur l'indépendance de la justice et la transparence des actions gouvernementales. La suspension de l'enquête et les pressions politiques présumées mettent en lumière les défis auxquels sont confrontés les systèmes judiciaires face aux interférences du pouvoir exécutif.