Un duel entre voisins tourne au drame judiciaire
Une simple dispute pour tapage nocturne a dégénéré en un véritable duel organisé entre deux voisins à Pont-Saint-Esprit, aboutissant à une violente bagarre et à une condamnation par le tribunal de Nîmes. L'ancien boxeur amateur a été condamné à une peine d'un an de prison avec sursis simple pour les violences infligées à son voisin.
La provocation qui a tout déclenché
"Il m'a provoqué en duel. Et il m'a donné rendez-vous le long des quais au bord du Rhône, pour en découdre", a témoigné le quinquagénaire lors de l'audience du jeudi 26 mars. Ce récit digne d'un western moderne trouve son origine dans une musique trop forte diffusée par l'un des voisins.
Le prévenu explique avoir immédiatement coupé la musique à la demande de son voisin, mais ce dernier l'aurait ensuite menacé de mort. "Il m'a dit : 'Un jour, je vais te tuer'. Alors je lui ai dit qu'on pouvait régler ça, maintenant, avec des gants. Mais il a préféré à main nue", a déclaré l'ancien boxeur devant le juge unique.
Un duel filmé par le fils du prévenu
Les deux hommes se sont donné rendez-vous le 21 mars 2025 à un endroit spécifiquement choisi "où il n'y a pas de caméras". Cependant, le prévenu a demandé à son fils de filmer la scène, prétextant des craintes que son adversaire puisse être armé. "C'était au cas où il y avait un problème. Car le week-end, il s'amuse à tirer à l'arme à feu de sa fenêtre", a-t-il justifié.
Ce que le quinquagénaire n'a pas précisé au tribunal, c'est son passé d'ancien boxeur amateur. Lors de l'altercation, il n'a laissé aucune chance à son voisin, visiblement éméché, lui infligeant plusieurs coups qui ont entraîné des côtes fêlées, de multiples hématomes et surtout 14 jours d'incapacité totale de travail (ITT).
Le réquisitoire sévère du parquet
L'avocate de la partie civile a nuancé la défense du prévenu : "Il dit qu'il a été provoqué, mais face à lui, il avait un gringalet d'1,69 mètres et 59 kg, ce qui n'a rien à voir avec Monsieur". La procureure a quant à elle fustigé le comportement du prévenu, s'interrogeant sur les valeurs transmises à son fils.
"Mais enfin, vous avez quel âge ? J'ai eu le même type d'affaire il y a peu de temps, mais c'étaient des adolescents en face. Vous, on vous propose de vous battre et vous vous y allez ? Quel exemple pour votre fils ?", a martelé la magistrate, requérant initialement 18 mois de prison avec sursis simple et une peine d'inéligibilité de cinq ans.
La sentence finale du tribunal
Me Margaux Expert, l'avocate de la défense, a obtenu une réduction de la peine en arguant de l'apaisement de la situation entre les deux voisins depuis les faits. L'ancien boxeur a finalement été condamné à 12 mois de prison totalement assortis du sursis simple et à une peine d'inéligibilité de trois ans.
Concernant l'indemnisation de la victime, absente à l'audience, le juge a considéré qu'elle avait contribué à la commission du délit et a réduit le montant à 70% de la somme réclamée. Le prévenu devra donc verser près de 2 000 euros de provision en attendant l'expertise médicale définitive de la victime.
Cette affaire, qui aurait pu tourner au tragique, illustre les dangers des règlements de comptes entre voisins et les conséquences judiciaires qui en découlent, même lorsque les tensions semblent s'être apaisées après les faits.



