Affaire Jubillar : La dernière journée de Delphine entre SMS, vin et cris de peur
Dernière journée de Delphine Jubillar : SMS, vin et cris

La dernière journée de Delphine Jubillar : entre espoir de départ et soirée tragique

Alors que s'ouvre le procès très attendu de Cédric Jubillar, accusé du meurtre de son épouse Delphine, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, Midi Libre revient en détail sur les événements de cette journée fatidique. L'infirmière de 33 ans, dont le corps n'a jamais été retrouvé, préparait activement son départ du domicile conjugal, déterminée à quitter son mari.

Une journée marquée par les préparatifs de séparation

Ce mardi 15 décembre 2020, Delphine Jubillar est de repos et ne travaille pas à la clinique. La jeune femme, farouchement décidée à divorcer, organise minutieusement son avenir. Elle prévoit de louer un appartement à Albi dès février, avant de s'installer plus confortablement avec son amant Donat-Jean, dont elle est passionnément amoureuse depuis l'été.

Le matin, après avoir déposé son fils aîné à l'école, elle se rend à Albi avec sa fille de 18 mois. Elle a rendez-vous à la banque pour changer le code de sa carte bancaire, empêchant ainsi Cédric de l'utiliser à son insu. Elle passe ensuite à la clinique Claude-Bernard récupérer un bon cadeau pour Noël, puis chez sa meilleure amie Anne.

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Les échanges tendus avec la compagne de son amant

En début d'après-midi, Delphine reçoit de longs SMS de Cathy, la compagne de Donat-Jean. Cette dernière, ayant découvert la liaison le week-end précédent en fouillant le téléphone de son conjoint, échange pour la première fois avec sa rivale. Le ton est douloureux et respectueux.

"Je ne suis physiquement et mentalement pas faite pour endurer ça" écrit Cathy, demandant du temps pour accepter la situation. Delphine répond à 14h23 : "Je comprends tout à fait ta requête, et je m'y plierai selon ta convenance. Je vais m'effacer, me faire discrète, te laisser digérer la nouvelle et vous laisser en famille selon ton souhait."

Une soirée entre normalité et tensions

Vers 16h07, le téléphone de Delphine reste sur le relais couvrant l'école et son domicile. En fin de journée, elle surfe sur internet pour chercher des jouets et achète un tricycle pour sa fille. Cédric rentre du travail vers 18h45 en bus.

Pendant que Delphine s'occupe des enfants, elle chatte avec son amant de 19h15 à 22h55. Ils évoquent ce "grand jour" et décident de commander un carton de bon vin à 149€ pour six bouteilles, dont Delphine insiste pour payer la moitié.

Entre 20h11 et 21h25, Cédric est sur Meetic, envoyant des messages à plusieurs femmes. Il sort promener les chiens en jouant à Game of Thrones, puis est vu par une voisine entre 21h30 et 22h.

La dispute et les cris entendus par le voisinage

Vers 22h55, Delphine envoie son dernier message à Donat-Jean : "Je t'embrasse". Peu après, leur fils Louis entend une dispute entre ses parents. Il les voit se repousser près du sapin de Noël. "Arrête-toi !" crie Delphine. "Alors, puisque c'est comme ça, on va se séparer" répond Cédric, qui affirme aujourd'hui que cette dispute aurait eu lieu en septembre.

Louis fait du bruit exprès, son père vient fermer la porte de sa chambre. À 150 mètres de là, une voisine nommée Nora sort fumer une cigarette entre 22h49 et 22h53. Elle entend alors des aboiements de chiens, "des cris d'une femme qui n'arrive pas à reprendre son souffle" et des couinements. Sa fille sort à 23h07 et entend "des cris de femme, des cris de peur qui m'ont glacé".

Les premières heures de la disparition

Cédric Jubillar déclare s'être couché vers 22h30 après avoir mis son téléphone en mode avion. L'enquête révèle pourtant que l'appareil semble avoir été éteint jusqu'à 3h53, puis rallumé.

À 4h05, Cédric contacte via Messenger Lauriane, une connaissance de Delphine : "Je cherche Delf partout. [...] Sérieux, dis-lui de rentrer. Elle s'est barrée dans la nuit, je suis obligé de prévenir les flics." Quatre minutes plus tard, il compose le 17, marquant le début de l'enquête sur la disparition de Delphine Jubillar, dont le procès de son mari s'ouvre devant la cour d'assises du Tarn.

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