Une éducatrice agressée lors d'une visite à domicile
En décembre dernier, une éducatrice de 39 ans de l'association Gammes à Montpellier a porté plainte pour agression sexuelle contre un demandeur d'asile de 29 ans dont elle assurait le suivi. Les faits se seraient produits lors d'une visite dans le logement partagé où était hébergé le prévenu, un ressortissant guinéen.
Des faits circonstanciés décrits par la victime
Selon le récit de l'éducatrice, le jeune homme se serait présenté devant elle en érection avant de lui toucher les fesses à deux reprises. Il aurait ensuite tenté de la prendre dans les bras contre un mur. "Il m'a clairement fait des avances", a déclaré la travailleuse sociale, qui a immédiatement alerté sa cheffe de service après les faits.
Un procès marqué par des versions contradictoires
Le prévenu, placé en détention provisoire depuis décembre, a comparu devant le tribunal judiciaire de Montpellier le 13 février. Il a catégoriquement nié les faits, affirmant que ces accusations visaient uniquement à le faire quitter son lieu d'hébergement. L'expert psychiatre qui l'a examiné n'a pas pu expliquer le passage à l'acte de ce jeune homme au casier judiciaire vierge.
La défense de la victime et les réquisitions du parquet
L'avocat de l'éducatrice a souligné le traumatisme subi par sa cliente : "Ma cliente a été surprise, désemparée par cette agression. Elle ne s'attendait pas à ce que cela puisse lui arriver. Aujourd'hui, elle est outragée une seconde fois car on la traite de menteuse". Il a réclamé 5 000 euros de dommages et intérêts.
La procureure Marie Hamiti a estimé que "la victime n'a aucune raison d'inventer cette histoire et d'accabler le prévenu, d'autant que celui-ci devait quitter le logement le 13 décembre", soit quelques jours après les faits dénoncés. Elle a requis sept mois de prison et dix ans d'interdiction de quitter le territoire français.
Une défense qui dénonce un dossier vide
L'avocate de la défense a pour sa part pointé "un dossier ni fait ni à faire", soulignant l'absence de témoins, de preuves et d'éléments matériels. "Mon client a eu des rencontres multiples avec cette personne, seul avec elle. S'il avait eu des envies viciées à son égard, il aurait pu passer à l'acte", a-t-elle argumenté. Elle a également relevé qu'un autre occupant se trouvait dans l'appartement lors des faits, mais que la victime "ne veut pas citer ce témoin, alors qu'on aurait pu l'entendre". Elle a demandé la relaxe pure et simple.
Une condamnation ferme prononcée par le tribunal
Malgré les dénégations du prévenu et les arguments de la défense, le tribunal présidé par Fabrice Parisi a déclaré le demandeur d'asile coupable des faits d'agression sexuelle. La peine prononcée comprend :
- Quatre mois de prison ferme sans possibilité d'aménagement
- Une interdiction du territoire français pendant cinq ans
Cette décision judiciaire intervient dans un contexte où les associations d'aide aux migrants et demandeurs d'asile doivent souvent gérer des situations complexes, tout en assurant la sécurité de leurs travailleurs sociaux sur le terrain.



