Le ministre de la Justice annonce une réforme profonde pour mieux protéger les victimes
Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a présenté jeudi 19 février 2026 un « changement de méthode » dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Cette annonce intervient lors d'une audition devant la délégation aux droits des femmes du Sénat, où le ministre a reconnu les « failles » persistantes du système judiciaire dans ce domaine.
Des chiffres alarmants qui exigent une réponse urgente
Gérald Darmanin a souligné que malgré des « avancées », la justice n'est pas encore au rendez-vous pour écouter et protéger les victimes. Il a pointé du doigt plusieurs problèmes majeurs :
- 70% des plaintes classées sans suite
- Des délais de jugement pouvant atteindre six ans
- Des disparités territoriales dans la protection des victimes
Le ministre a également rappelé les statistiques préoccupantes : selon les associations féministes, 167 féminicides ont été commis en France en 2025. Les chiffres officiels font état de 107 féminicides conjugaux en 2024, en hausse sur un an.
Des mesures concrètes pour une justice plus efficace
Pour remédier à ces dysfonctionnements, Gérald Darmanin a annoncé plusieurs initiatives importantes :
- La création d'un guichet national des téléphones grave danger dans les toutes prochaines semaines
- L'homogénéisation des stages de responsabilisation des auteurs de violences sexuelles et sexistes
- L'expérimentation d'audiences communes (civiles et pénales)
- La publication en juin 2026 d'un code des violences familiales qui réunira tous les textes en vigueur
Ce code permettra à chaque magistrat, « où qu'il exerce », de s'appuyer sur le même référentiel, garantissant ainsi une protection égale sur tout le territoire national.
Vers une culture du résultat
Le ministre a insisté sur la nécessité de passer de la « culture du commentaire » à une « culture du résultat ». Pour chaque mesure annoncée, il y aura :
- Un pilote désigné
- Un chef de projet
- Un calendrier précis
- Des moyens dédiés
- Des rendez-vous publics d'évaluation
Gérald Darmanin a également souhaité que le gouvernement rende compte chaque année devant le Parlement du nombre d'ordonnances de protection par juridiction et des délais de jugement.
L'ampleur du phénomène des violences
Les données de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof) révèlent l'ampleur dramatique du problème :
- Une femme est victime toutes les deux minutes de viol, tentative de viol ou d'agression sexuelle
- Toutes les 23 secondes, une femme subit du harcèlement sexuel, de l'exhibition sexuelle ou l'envoi non sollicité de contenus à caractère sexuel
Face à cette réalité, le ministre a affirmé que le « changement de méthode » doit permettre de clarifier la chaîne de décision, de l'uniformiser sur le territoire national et d'outiller concrètement le travail des magistrats. Cette réforme vise à créer un système judiciaire plus réactif et plus protecteur pour les femmes victimes de violences.



