Meurtre de Jonathan Bourdeille à Cuers : Joseph Debrard condamné à 20 ans, ses co-accusés acquittés
Cuers : 20 ans pour Joseph Debrard, acquittement pour deux autres

Meurtre de Jonathan Bourdeille à Cuers : Joseph Debrard reconnu coupable et condamné à 20 ans de prison

La cour d'assises du Var a rendu son verdict ce vendredi après-midi à Draguignan dans l'affaire du meurtre de Jonathan Bourdeille, poignardé à mort le 4 septembre 2022 à Cuers. Joseph Debrard a été reconnu seul coupable du meurtre et condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Son frère Jean Debrard et Wilfried Morana ont quant à eux été acquittés des chefs de meurtre et de complicité de meurtre.

Un verdict qui provoque l'émotion dans la salle d'audience

L'annonce du verdict par la présidente Emmanuelle de Rosa a provoqué une vive émotion dans la salle réservée aux parties civiles. Un « oh » collectif a ponctué la lecture du jugement, suivi de tremblements et de larmes d'incompréhension parmi les proches de la victime. « Ils ont réussi leur coup », a pleuré la tante de Jonathan Bourdeille, effondrée dans les bras de son mari.

De l'autre côté, Wilfried Morana, acquitté, était également ému aux larmes, partageant une puissante accolade avec son avocat, le bâtonnier Olivier Ferri, témoignant de son immense soulagement.

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Les jurés acquittent deux des trois accusés du meurtre

Les jurés ont pris le contre-pied des réquisitions de l'avocate générale Amandine Sbragi en acquittant « au bénéfice du doute » Wilfried Morana et Jean Debrard des chefs de meurtre et de complicité de meurtre. Joseph Debrard, frère cadet de Jean, est donc désormais considéré par la justice comme l'unique auteur des 15 coups de couteau ayant tué le fils de sa compagne de l'époque.

Cependant, Jean Debrard et ses deux gendres, Wilfried Morana et Aimé Lacroix, ont été reconnus coupables du délit de modification des preuves d'un crime. Ils ont été condamnés respectivement à douze mois (Jean et Wilfried) et trois mois (Aimé) d'emprisonnement.

La défense de Joseph Debrard conteste le verdict et annonce l'appel

Joseph Debrard a d'ores et déjà annoncé par la voix de son avocat, le bâtonnier Michel Mas, son intention d'interjeter appel de cette condamnation. « Cette décision implique que Joseph n'a reçu aucune aide dans ce geste criminel, qu'il a pu porter seul quinze coups d'une extrême violence, malgré son âge, sur un homme gaillard ayant pratiqué un art martial dans sa jeunesse », s'étonne Me Mas.

L'avocat ajoute : « Ce verdict va à l'encontre de ce que clame mon client depuis plusieurs années. Il n'était pas seul à agir. Sinon, quel intérêt à faire disparaître le couteau ? » Il avance trois éléments en faveur d'une action commune : l'absence de blessures sur Joseph Debrard, son appel aux secours immédiat, et sa surprise lors de la disparition des armes du crime.

Les contradictions des témoignages et des preuves

Pourtant, lors de son appel au Sdis (service départemental d'incendie et de secours) juste après les faits, Joseph Debrard avait indiqué être le seul impliqué. « Lors de son interrogatoire de première comparution devant le juge d'instruction, il va même préciser avoir donné une dizaine de coups de couteau, dont certains au thorax et au dos », relève Me Olivier Ferri. « Et il est le seul mis en cause sur lequel l'ADN de la victime a été retrouvé, y compris sur l'arrière de son pantalon. »

La défense de Jean Debrard, représentée par Me Christophe Hernandez, s'est opposée à toute idée de complicité : « Jean Debrard n'a rien demandé, rien organisé. Ce n'est pas le Toto Riina de Cuers, il n'avait aucun honneur à laver. Sa simple présence sur place ne peut pas faire de lui un complice. »

Une vérité judiciaire qui laisse des zones d'ombre

L'avocate générale Amandine Sbragi a déploré le flou qui persiste dans cette affaire : « Des choses ont été vues et on ne veut pas nous le dire. C'est tellement pratique… » Elle avait requis 18 et 20 ans de prison contre les accusés lors des réquisitions.

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Dans ses derniers mots à la cour avant le délibéré, Joseph Debrard avait tenté d'apostropher son frère : « Je regrette de m'être dénoncé pour Jean. Tout ça pour l'honneur, pour quatre mots. Et le tien, d'honneur, il est où ? » Des paroles qui n'ont pas suffi à faire vaciller la version des faits retenue par les jurés.

La vérité judiciaire, parfois rassurante, reste le plus souvent terrible, laissant les familles et les accusés face à leurs doutes et leurs certitudes. L'appel annoncé par Joseph Debrard promet de prolonger cette quête de vérité dans une affaire qui a profondément marqué la commune de Cuers et ses habitants.