Course-poursuite mortelle évitée : un Portugais condamné à 18 mois de prison ferme
Course-poursuite : 18 mois de prison pour un Portugais à Ayguemorte

Un drame évité de justesse lors d'une course-poursuite à Ayguemorte-les-Graves

Le tribunal a rendu son verdict ce vendredi 17 avril dans une affaire qui a profondément marqué la communauté gendarmique de Langon. Diogo Dias Lopes, un Portugais de 25 ans, a été condamné à 18 mois de prison ferme, avec révocation d'un sursis probatoire de six mois, portant sa peine totale à deux années d'incarcération.

Une soirée qui tourne au cauchemar

Tout commence dans la soirée du 4 avril à Ayguemorte-les-Graves. Les gendarmes effectuent un contrôle routier de routine lorsqu'ils interceptent Diogo Dias Lopes. L'homme accepte initialement de se soumettre à un test d'alcoolémie, mais en constatant le résultat positif, la panique s'empare de lui. « Je sortais de prison. Je n'avais pas envie d'y retourner », expliquera-t-il plus tard devant la juge Léa Fabre.

Ce qui suit est une course-poursuite effrénée. Le conducteur prend la fuite à grande vitesse, circule à contresens, endommage gravement ses pneus dans sa tentative d'échapper aux forces de l'ordre. La situation devient extrêmement périlleuse lorsque l'un des gendarmes manque de peu d'être percuté. « Il s'est décalé au dernier moment quand la voiture a démarré », rapporte Me Sapata, avocat des quatre gendarmes impliqués.

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Le témoignage poignant d'un gendarme

L'audience est marquée par le témoignage émouvant d'un gendarme de Langon, lu par la juge Fabre : « J'ai envie de revoir ma femme et mes enfants quand je rentre de service ». Ces mots résonnent dans la salle d'audience, rappelant les risques quotidiens encourus par les forces de l'ordre.

Me Sapata qualifie le comportement du prévenu de « complètement égoïste ». « Le prévenu n'a eu peur que pour lui. Il ne s'est pas préoccupé de sa passagère ni des gendarmes », insiste-t-il, avant d'ajouter : « On aurait pu avoir un décès ou une invalidité permanente ».

La défense tente de nuancer

Me Grosselle, avocat de la défense, apporte cependant quelques éléments de contexte. Il souligne que son client n'a pas refusé d'obtempérer dans un premier temps et que la course-poursuite n'a duré que 500 mètres avant que le véhicule ne soit immobilisé, son côté gauche étant complètement endommagé. « Ce sont les gendarmes qui lui ont foncé dessus », affirme-t-il.

Malgré ces arguments, le passé judiciaire de Diogo Dias Lopes pèse lourd dans la balance. L'homme a déjà été condamné à plusieurs reprises pour des faits de violence et de conduite sans permis ni assurance. Il était déjà sous le coup d'un sursis probatoire au moment des faits.

Un verdict sévère mais justifié

Le tribunal a considéré la gravité exceptionnelle des faits. Outre la peine d'emprisonnement, le permis de conduire de Diogo Dias Lopes est annulé et son véhicule confisqué. « Au regard de la gravité des faits », indique le tribunal dans son jugement.

L'homme, interpellé le 14 avril à Arveyres après avoir été géolocalisé via son téléphone portable, a finalement reconnu les faits qui lui étaient reprochés. « J'ai fait une erreur. Je suis prêt à payer une amende pour ce que j'ai fait », a-t-il déclaré lors de sa comparution immédiate.

Cette affaire rappelle tragiquement les dangers auxquels sont exposés quotidiennement les forces de l'ordre lors de simples contrôles routiers, et les conséquences désastreuses que peut avoir une décision prise dans la panique.

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