Le rapporteur public du Conseil d'État s'oppose à l'annulation de la dissolution de La Jeune Garde
Le rapporteur public du Conseil d'État, Frédéric Puigserver, a exprimé son opposition à la demande d'annulation de la dissolution de La Jeune Garde, mouvement d'ultragauche. Lors d'une audience, il a dénoncé « la dérive totalitaire d'un mouvement qui, au nom de son idéologie, veut non pas combattre ses ennemis mais les éliminer purement de l'espace public et se transformer en une sorte de milice ». Son avis, bien qu'indicatif, souligne que les faits reprochés au mouvement justifient pleinement la dissolution décrétée en juin 2025.
Les accusations contre La Jeune Garde
Créée en 2018 par Raphaël Arnault, devenu député LFI en 2024, La Jeune Garde est accusée par le gouvernement de provoquer des agissements violents contre les personnes, souvent suivis d'effets. Le rapporteur a insisté sur le fait que la République a le droit de se défendre et d'utiliser l'arme de la dissolution pour protéger ses citoyens. Il a également évoqué l'affaire de la mort de Quentin Deranque, militant d'extrême droite radicale à Lyon en février 2026, où plusieurs agresseurs présumés étaient membres de La Jeune Garde, jetant une lumière trouble sur les activités passées du mouvement.
La défense de La Jeune Garde
L'avocat du mouvement, Maître Paul Mathonnet, a répliqué en appelant à ne pas confondre virulence et provocation. Il a défendu une organisation « sincère dans le mouvement social », mettant en avant le concept d'autodéfense populaire comme une mobilisation citoyenne et défensive. Il a reconnu que l'invalidation de la dissolution est devenue extrêmement difficile après le drame de Lyon, assurant que La Jeune Garde ne poursuivra pas ses activités même si la mesure est annulée. L'enjeu, selon lui, réside dans les motifs que retiendra le Conseil d'État pour justifier sa décision.
Les prochaines étapes
La décision du Conseil d'État doit être rendue dans les prochaines semaines. Parallèlement, une enquête a été ouverte fin février 2026 après un signalement du ministère de l'Intérieur soupçonnant une reconstitution du mouvement. Ce cas illustre les tensions persistantes autour des groupes politiques radicaux en France et les défis juridiques liés à leur dissolution.



