Mort de Cédric Chouviat : la défenseure des droits Claire Hédon charge la police
Dans une décision consultée en exclusivité par Le Nouvel Obs, la défenseure des droits Claire Hédon dénonce « l’usage manifestement disproportionné de la force » des policiers qui ont interpellé le livreur à scooter Cédric Chouviat le 3 janvier 2020 à Paris. Elle établit un « lien de causalité certain » entre leurs gestes et son décès, survenu deux jours après cette intervention.
Les images choc qui ont relancé l'affaire
Les images de l'interpellation ont largement circulé sur internet, montrant un homme au casque noir filmant les policiers lors d'un contrôle le long d'une piste cyclable. Puis, on le voit au sol, ventre contre terre, toujours casqué et menotté, avec trois policiers sur son dos. Il agite les jambes avant de s'immobiliser. Sur d'autres images révélées deux ans plus tard par Libération, on l'entend neuf fois répéter « J’étouffe ». Ces séquences ont ravivé l'affaire Cédric Chouviat, du nom de ce livreur de 42 ans, père de cinq enfants.
Une affaire comparée à celle de George Floyd
La victime a rapidement été comparée à George Floyd, étouffé sous le genou d'un policier en mai 2020 aux États-Unis, dont la mort avait déclenché le mouvement Black Lives Matter. L'autopsie de Cédric Chouviat a révélé une asphyxie avec fracture du larynx, renforçant les parallèles entre les deux cas.
Les suites judiciaires et les accusations
En décembre 2024, trois des quatre policiers impliqués ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel pour « homicide involontaire ». Les juges d'instruction ont qualifié leur comportement de « non adapté, négligent et imprudent ». La décision de Claire Hédon intervient dans ce contexte, soulignant les manquements graves lors de l'interpellation.
Cette affaire soulève des questions cruciales sur les pratiques policières en France, notamment en matière de contrôle et d'usage de la force. Les prochaines étapes judiciaires seront suivies de près par les défenseurs des droits humains et la société civile, alors que le débat sur la responsabilité des forces de l'ordre reste vif.



