La Ligue des droits de l'Homme (LDH) et la CGT Spectacle ont annoncé samedi avoir engagé une action en justice contre Canal+ pour discrimination, après les propos de Maxime Saada, président du directoire de la chaîne. Ce dernier avait déclaré ne plus vouloir travailler avec les signataires d'une tribune dénonçant l'emprise de l'extrême droite sur le cinéma via Vincent Bolloré, actionnaire de référence de Canal+.
Des propos jugés discriminatoires
Dans un communiqué, la LDH et la CGT Spectacle accusent Maxime Saada d'avoir fait le « choix brutal de discriminer ». L'avocat des deux organisations, Me Arié Alimi, a estimé qu'il était « grand temps que les mondes de la culture et du savoir se coalisent et se révoltent contre l'œuvre réactionnaire du groupe Bolloré ». L'assignation au civil détaille que les propos de Saada « sont susceptibles de porter atteinte à l'exercice effectif de leur liberté d'expression, en créant un climat dissuasif propre à décourager toute prise de parole critique au sein du secteur audiovisuel et culturel ».
Une procédure judiciaire engagée
Les demandeurs sollicitent du tribunal judiciaire de Nanterre qu'il « enjoigne à la société Canal+ de s'abstenir de toute mesure d'exclusion, de refus de collaboration, de discrimination à l'encontre des signataires de la tribune ». Sollicitée, la direction de Canal+ n'a pas souhaité réagir.
Une mobilisation internationale
La tribune, initialement signée par 600 personnes, a recueilli plus de 3 800 signatures selon ses auteurs, avec des soutiens internationaux comme Javier Bardem, Ken Loach ou Mark Ruffalo. L'actrice Anna Mouglalis a comparé cette « liste noire » à une forme de « maccarthysme ». Le rôle clé de Canal+ dans la production et la distribution cinématographique française est au cœur des débats, avec des investissements prévus de 160 millions d'euros en 2026 et 170 millions en 2027.
Appels à l'apaisement
La ministre de la Culture Catherine Pégard a regretté la déclaration de Maxime Saada, appelant à ce que « la raison et le dialogue puissent l'emporter sur les menaces ». Le président de l'Arcom, Martin Ajdari, a souhaité un apaisement, tandis que la Société des réalisateurs et réalisatrices de films a proposé une médiation.



