Le groupe Canal+ se retrouve au coeur d'une nouvelle controverse judiciaire. Une association de défense des droits des artistes a assigné la chaîne cryptée en justice pour discrimination, suite à la mise en place d'une liste noire d'intervenants. Cette liste viserait les signataires d'une tribune publiée en 2023, intitulée "Zapper Bolloré", qui appelait au boycott des chaînes du groupe en raison de la ligne éditoriale de Vincent Bolloré, son propriétaire.
Une tribune aux conséquences lourdes
Publiée dans plusieurs médias, la tribune "Zapper Bolloré" avait recueilli des centaines de signatures d'artistes, de journalistes et de personnalités du monde culturel. Elle dénonçait ce que les signataires considéraient comme une dérive conservatrice et une atteinte à la liberté d'expression dans les médias du groupe Canal+. En réaction, la direction de Canal+ aurait établi une liste noire excluant ces signataires de toute intervention sur ses antennes.
Une assignation pour discrimination
L'association requérante estime que cette pratique constitue une discrimination fondée sur les opinions politiques, ce qui est interdit par le droit du travail et les principes de liberté d'expression. Dans son assignation, elle demande des dommages et intérêts pour le préjudice moral subi par les artistes blacklistés, ainsi que la cessation de cette pratique. Le groupe Canal+ n'a pas encore commenté publiquement ces accusations, mais des sources internes indiquent que la direction se défend en invoquant la liberté éditoriale de choisir ses intervenants.
Un précédent inquiétant pour la liberté d'expression
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre le groupe Canal+ et une partie du monde culturel. Plusieurs artistes avaient déjà exprimé leur mécontentement face à la ligne éditoriale imposée par Vincent Bolloré, notamment sur les chaînes d'information en continu du groupe. Pour les observateurs, cette assignation pourrait faire jurisprudence en matière de discrimination dans les médias.
Les réactions du milieu culturel
De nombreuses personnalités du cinéma, de la musique et des arts ont apporté leur soutien aux signataires blacklistés. Une pétition en ligne circule pour dénoncer ce qu'ils appellent une "chasse aux sorcières" et exiger le respect de la diversité des opinions. Certains appellent à un boycott des chaînes de Canal+ tant que la liste noire ne sera pas abolie.
L'audience de l'affaire est prévue dans les prochains mois. En attendant, le débat sur la liberté d'expression et les limites de la liberté éditoriale des groupes médiatiques est plus que jamais relancé.



