Camille Labat, une grande voix du barreau landais s'est éteinte il y a 34 ans
Camille Labat, une voix du barreau landais disparue

Camille Labat, une figure emblématique des Landes disparaît il y a 34 ans

Le 3 mars 1990, une grande voix s'éteignait à Dax dans les Landes. Camille Labat, avocat, résistant, homme politique et éditorialiste, mourait à l'âge de 80 ans, laissant derrière lui un héritage considérable dans sa région natale. Retour sur le parcours remarquable de cet homme aux multiples facettes, à travers les archives de l'époque.

Des études brillantes et une vocation précoce pour le droit

Né à Dax en 1910, Camille Labat effectue ses études secondaires au collège Cendrillon de la cité thermale, malgré les nominations lointaines de son père, fonctionnaire aux PTT. Ses études sont exceptionnelles, couronnées à 17 ans par le baccalauréat et le titre de lauréat de la DRAC, un concours inter-scolaire d'éloquence que François Mitterrand remportera également quelques années plus tard. Contre la volonté de son père qui le destinait à la médecine, il choisit résolument la carrière d'avocat.

Il s'inscrit à la faculté de droit de Bordeaux, où il obtient sa licence en trois ans et le titre de lauréat de faculté de droit. Immédiatement après, il rejoint le barreau de Bordeaux, devenant le secrétaire de Me Pierre Sire, futur bâtonnier girondin. Durant son stage, il poursuit des études supérieures avec succès, décrochant des certificats en droit privé, droit public et économie politique. À 25 ans, il soutient brillamment une thèse de doctorat sur la crise de la forêt landaise, démontrant déjà son attachement à sa région.

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Une carrière d'avocat marquée par l'éloquence et l'engagement

Après son mariage, Camille Labat s'installe au barreau des Landes, avec résidence à Dax. Ses plaidoiries au tribunal de Dax, dans un environnement austère dominé par des figures comme Ernest Arnaudin et Jean Sourbe, attirent rapidement l'attention. Les jeunes clercs, informés par Guy Dulau, trouvaient toujours une excuse pour aller l'écouter, séduits par ses dons oratoires exceptionnels.

Sa réputation dépasse rapidement les frontières de l'Aquitaine. Observateurs et confrères s'accordent à dire que s'il avait choisi Paris, sa place aurait été parmi les plus grands avocats de France. Spécialiste aussi bien du civil que du pénal, il excelle particulièrement comme avocat d'assises, où ses plaidoiries, véritables morceaux d'anthologie, foudroyaient l'accusation par des improvisations souveraines. Son éloquence, alliée à une chaleur humaine, une intelligence et une bonté remarquables, forgeaient sa légende.

Un bâtonnier jeune et respecté, engagé dans la vie publique

Peu après ses débuts, ses confrères le portent au bâtonnat, faisant de lui le plus jeune bâtonnier de France, un honneur traditionnellement réservé à l'expérience de l'âge. Il se révèle un bâtonnier intègre, soucieux de confraternité, qualité essentielle pour cet homme sensible, ardent et libre. Cette estime lui vaut d'être nommé juge de paix suppléant, puis suppléant du tribunal d'instance de Dax, fonctions qu'il occupera jusqu'à la fin de sa carrière.

En prévision de sa retraite, il assure la relève en associant dans un cabinet commun ses successeurs, Me Jean-Paul Dauga et Me Caroline Cuvreau-Dauga. Son engagement ne se limite pas au barreau : membre du Parti radical socialiste, éditorialiste percutant de La Voix des Landes, il marque également la presse landaise dont il est vice-président. Dans ses derniers éditoriaux, fin 1989, il exprime des inquiétudes sur l'évolution des valeurs humaines dans un monde en mutation.

Résistant et homme de convictions

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Camille Labat s'engage dans la Résistance. Désigné clandestinement par le général de Gaulle pour siéger au Comité départemental de la libération, son sens de l'équité guide ses interventions. Il reçoit la médaille de la Reconnaissance française et la croix de combattant volontaire, distinctions qu'il n'a jamais sollicitées. Bien qu'il n'approuve pas par la suite la pensée politique du général, il reste fier de cet engagement.

À sa disparition, la presse landaise et le monde judiciaire lui rendent un hommage unanime, saluant l'autorité, la probité et le respect des principes qui ont caractérisé sa riche existence. Son héritage perdure dans les mémoires collectives de la région.

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