Une ancienne assistante familiale condamnée à Brest pour maltraitance grave
Le tribunal correctionnel de Brest a rendu son verdict jeudi dans une affaire de maltraitance sur enfant qui a profondément ému la région. Caroline S., une ancienne assistante familiale de 44 ans, a été condamnée à une peine d'un an de prison avec sursis pour des actes de violence commis sur une fillette de deux ans placée dans sa famille d'accueil.
Une fillette attachée à son lit jour et nuit
Les faits remontent au 13 mai 2024, lorsque les gendarmes sont intervenus au domicile de Caroline S. à Lannilis, dans le Finistère. Sur place, ils ont découvert une situation alarmante : une petite fille de deux ans était attachée pieds et poings liés à son lit. Pire encore, l'enquête a révélé que pendant la journée, l'enfant était régulièrement attachée directement sur le sommier, sans matelas.
Les investigations ont également mis au jour d'autres pratiques maltraitantes. La prévenue laissait régulièrement l'enfant seule sur le balcon pour la faire cesser de pleurer et lui jetait des verres d'eau au visage. Ces actes répétés ont conduit à une condamnation sévère du tribunal.
Une interdiction définitive d'exercer
Outre la peine de prison avec sursis, le tribunal a prononcé une mesure particulièrement significative : une interdiction définitive d'exercer les professions d'assistante maternelle ou familiale. Cette décision vise à empêcher toute récidive dans un domaine où la confiance est primordiale.
Le parquet avait initialement requis deux ans de prison avec sursis, mais le tribunal a finalement opté pour une peine d'un an. Caroline S. devra également verser 4 000 euros de dommages et intérêts aux parents de la fillette et un euro symbolique à l'association Enfance et Partage.
Le signalement par la propre fille de l'accusée
L'affaire a éclaté grâce au courage de la propre fille de Caroline S., qui a alerté d'abord son père et sa belle-mère, puis directement la gendarmerie. Ce signalement a permis de mettre fin à des mois de souffrance pour la petite victime.
Lors de l'audience, l'avocate de la prévenue, Maëva Kong A Siou, a tenté d'expliquer le comportement de sa cliente en évoquant « une accumulation, une spirale dans laquelle elle s'est laissé asphyxier ». Elle a décrit une femme « acculée, submergée par ses difficultés personnelles, doublées d'un épuisement professionnel ».
Des violences sur un autre enfant placé
L'enquête a également révélé des violences sur un autre enfant placé chez Caroline S., un jeune garçon qui a témoigné avoir reçu des coups de poing, des coups de pied, des fessées et avoir été régulièrement enfermé dans sa chambre. « Tata Caro faisait ça parce qu'elle était fatiguée », a-t-il confié aux enquêteurs.
Sur ce point précis, le tribunal a cependant relaxé Caroline S., qui avait nié ces faits durant l'audience tout en présentant ses « excuses » pour les autres actes de maltraitance.
La dénonciation d'un système défaillant
L'avocate de la défense a pointé du doigt « la défaillance d'un système », évoquant le « manque de moyens » et le soutien « insuffisant » de l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Caroline S., divorcée depuis 2021, élevait seule six enfants dont trois placés, une situation qui aurait contribué à son épuisement.
Les premiers faits de violence ont été signalés après son divorce, révélant une dégradation progressive des conditions d'accueil dans cette famille qui travaillait pour l'ASE depuis neuf ans. Cette affaire pose des questions cruciales sur le suivi des familles d'accueil et la protection des enfants les plus vulnérables.



