Un trentenaire en manque détruit son bracelet électronique
Un homme d'une trentaine d'années, condamné pour violences conjugales à quatre mois de prison sous bracelet électronique, a délibérément détruit son dispositif de surveillance. Son objectif : rejoindre son ex-compagne, qu'il avait interdiction de voir, pour consommer de la drogue. Jugé ce vendredi 27 février devant le tribunal correctionnel de Nîmes, il a été condamné à six mois de prison ferme et reconduit en détention à l'issue de l'audience.
"Je suis toxico et j'étais en manque"
Devant le tribunal, l'homme a reconnu sa dépendance à des substances comme la cocaïne et le crack. "Je suis toxico et j'étais en manque", a-t-il déclaré depuis le box des prévenus. Son avocate, Me Patricia Perrien, a souligné la gravité de son addiction, qualifiant celle-ci de maladie lourde et journalière. Elle a plaidé pour une obligation de soins plutôt qu'une incarcération, arguant que son client avait besoin d'une hospitalisation urgente.
Une évasion de trois jours et une interpellation fortuite
L'évasion a duré trois jours avant que l'homme ne soit interpellé, un peu par hasard. Alors qu'il se cachait dans un placard, les forces de l'ordre sont intervenues suite à une plainte pour séquestration et violences déposée par une femme. Ces accusations ont finalement été classées sans suite, mais elles ont permis la capture du fugitif. La présidente du tribunal a noté que cette arrestation était fortuite, l'homme n'étant pas poursuivi pour ces faits spécifiques.
La réponse judiciaire : six mois de prison ferme
La procureure a requis une peine sévère, basée sur les antécédents judiciaires du prévenu, qui compte dix mentions. Elle a rappelé que les peines précédentes avaient été relativement clémentes, tenant compte de sa personnalité et de ses problèmes divers. Malgré les arguments de la défense sur l'addiction, le tribunal a suivi les réquisitions et prononcé six mois d'emprisonnement avec mandat de dépôt. Cette décision souligne la difficulté à concilier soins et sanction dans des cas de dépendance grave.
L'affaire illustre les défis posés par les addictions dans le système judiciaire, où la maladie entre en conflit avec l'impératif de respect de la loi. Le trentenaire, qui devait initialement être libéré fin avril 2026, purge désormais une peine plus longue, tout en devant faire face à ses démons liés à la drogue.



