Bordeaux : douze ans de réclusion pour un viol qualifié de scène digne d'un film d'horreur
La cour criminelle départementale de la Gironde a rendu son verdict mercredi 11 mars, condamnant Mickaël Pontine à douze ans de réclusion criminelle pour le viol aggravé d'une septuagénaire à Bordeaux. Les faits remontent à la nuit du 6 au 7 novembre 2023, dans le quartier de la gare.
Une agression d'une violence extrême
La victime, une femme de 72 ans aux cheveux blancs et au physique frêle, vivait seule dans un appartement modeste. Un inconnu s'est introduit chez elle après avoir défoncé sa porte, créant un trou dans lequel il s'est engouffré. "Une scène digne d'un film d'horreur", a résumé Me Audrey Boussillon, avocate de la partie civile.
Devant la cour présidée par Christine Defoy, la victime assistait aux débats avec une interprète en portugais, se tenant les bras serrés contre la poitrine. L'avocate générale Amélie Vivet a décrit cette agression comme "la forme la plus aboutie et la plus effrayante du viol, dans l'imaginaire collectif".
Le récit glaçant de la victime
La septuagénaire a témoigné de l'horreur vécue cette nuit-là : "J'ai couru à la fenêtre pour crier au secours, mais il a foncé sur moi, m'a pris mon téléphone et l'a balancé contre le mur. Il m'a jetée sur le lit, m'a frappée. Il est monté sur moi, j'ai tenté de me recroqueviller, mais il a arraché ma chemise de nuit et ma culotte. J'ai vu la mort."
Ses hurlements glaçants ont réveillé une voisine, qui a immédiatement alerté les forces de l'ordre. La police est intervenue près de 45 minutes plus tard, découvrant Mickaël Pontine nu dans la chambre avec 1,74 gramme d'alcool dans le sang.
Un accusé au parcours chaotique
Mickaël Pontine, 43 ans, originaire de Charente-Maritime, venait de sortir de prison depuis un mois et demi au moment des faits. Il avait purgé sa 28e condamnation, dont la deuxième pour une infraction à caractère sexuel.
Sous curatelle renforcée et présentant des facultés intellectuelles limitées selon l'expert psychiatre, l'homme avait un parcours marqué par :
- De fortes addictions à l'alcool et au cannabis
- Des périodes de vie dans la rue
- Un casier judiciaire particulièrement chargé
Le 6 novembre 2023, sa mère l'avait mis à la porte excédée par son comportement, lui donnant un peu d'argent et le conduisant à la gare de Pons. "J'ai commencé à la bière dans le train et j'ai continué à Bordeaux, avec du vin rouge et du cannabis", a-t-il raconté devant la cour.
Une défense basée sur l'état d'ivresse
L'accusé a attribué son crime au "hasard" et à "l'alcool", qualifiant ses actes de "bêtise". Il a expliqué s'être introduit dans l'immeuble parce que la porte d'entrée était ouverte, avoir toqué à tous les appartements et avoir entendu du bruit chez la victime.
"J'ai demandé si je pouvais rentrer. J'ai rien compris de ce qu'elle a répondu. Alors, j'ai frappé avec mon pied contre la porte. Elle n'était pas solide et elle a cassé. Après, je ne me souviens plus trop", a-t-il déclaré.
Dès sa garde à vue, il avait avoué le viol, précisant "pas avec le zizi mais avec les doigts". Devant ses juges, il s'est montré incapable d'en parler directement : "J'ai honte de moi. Je ne ferai plus jamais ça", avant de s'excuser auprès de la victime.
Un verdict assorti de mesures de suivi strictes
L'avocate générale Amélie Vivet, "pessimiste" sur les perspectives de réinsertion, avait requis dix-sept ans de réclusion et insisté sur la nécessité "d'un cadre très contenant" pour sa future sortie de prison.
Le verdict du tribunal prévoit effectivement des mesures de contrôle renforcées :
- Douze ans de réclusion criminelle pour viol aggravé par un état d'ivresse manifeste
- Un suivi sociojudiciaire de cinq ans
- Une obligation de soins
- Des interdictions d'entrer en contact avec la victime
- Une interdiction de paraître à Bordeaux
Me Anthony Maurin-Gomis, avocat de la défense, a souligné que son client "n'a jamais contesté la souffrance infligée" et qu'il "n'est pas l'archétype du violeur, il n'est pas dans une stratégie de manipulation".
L'expert psychiatre n'écartait pas "un risque de récidive" pour cet homme aux facultés intellectuelles limitées, ce qui a pesé dans la décision du tribunal d'imposer un suivi strict à l'issue de sa peine de prison.



