Booba face à la justice pour cyberharcèlement de Magali Berdah : le parquet de Paris réclame un procès
Le parquet de Paris a formellement requis le renvoi en correctionnelle du rappeur Booba pour cyberharcèlement à l'encontre de Magali Berdah. Les autorités judiciaires estiment que l'artiste, de son vrai nom Elie Yaffa, a mené une campagne de harcèlement en ligne ciblée et personnelle contre la fondatrice de l'agence Shauna Events, dépassant le cadre de la simple dénonciation des pratiques commerciales des influenceurs.
Une campagne de harcèlement en ligne intensive
Selon les réquisitions du parquet datées du 18 février, Booba aurait harcelé Magali Berdah de manière systématique entre mai 2022 et juin 2025. Les investigations révèlent une avalanche de publications avec une moyenne de 1,3 post par jour pendant un an, visant personnellement la quadragénaire.
Le ministère public souligne la nature particulièrement violente des attaques : critiques sur le physique, mises en cause de sa religion juive, comparaisons à un animal ou à un « démon », divulgation d'éléments de sa vie privée concernant sa vie sexuelle et ses enfants, ainsi que la propagation de fausses rumeurs sur sa famille.
Des conséquences graves sur la santé de la victime
Magali Berdah, âgée de 44 ans, a subi de lourdes conséquences de ce harcèlement numérique. La dirigeante d'entreprise s'est vue prescrire quinze jours d'incapacité totale et a révélé avoir « énormément souffert de ce harcèlement inhumain ».
« J'ai même tenté plusieurs fois d'en finir, non pas par lâcheté mais pour libérer mes proches de cet enfer », a confié Magali Berdah, qui se décrit aujourd'hui comme une « guerrière » déterminée à aller « jusqu'au bout » grâce à la justice.
Des complices présumés également visés
Le parquet a également requis un procès pour complicité à l'encontre de Grégory Zaoui, figure connue de la fraude à la taxe carbone, et d'une ancienne employée de Magali Berdah. Selon les réquisitions, Grégory Zaoui aurait pris part au harcèlement par ses propres publications et joué le rôle d'intermédiaire entre Booba et l'ancienne employée, accusée d'avoir fourni des informations confidentielles sur sa patronne au rappeur.
Les réactions des parties concernées
Les avocats de Booba, Mes Marie Roumiantseva et Gilles Vercken, ont déclaré : « Nous nous attendions à ce réquisitoire. C'est simplement le cours normal de la procédure ». Ils attendent désormais la décision du juge d'instruction qui doit statuer sur l'opportunité d'ordonner un procès.
Du côté de Magali Berdah, ses avocats, Mes Antonin Gravelin-Rodriguez, Rachel-Flore Pardo et David-Olivier Kaminski, « attendent désormais qu'une ordonnance soit rendue rapidement afin qu'un procès puisse se tenir dans les meilleurs délais ».
Un contexte plus large de contentieux judiciaires
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de conflits judiciaires impliquant le rappeur :
- Booba est également mis en examen depuis octobre pour cyberharcèlement sur Demdem, la compagne du rappeur Gims
- Il doit être jugé en avril dans un dossier d'injures et de cyberharcèlement envers une journaliste et une essayiste
- Le rappeur avait porté plainte contre Magali Berdah pour pratiques commerciales trompeuses, mais l'enquête a été classée sans suite en novembre 2023
Des conséquences financières significatives
Magali Berdah impute à Booba un préjudice considérable causé à son entreprise Shauna Events, spécialisée dans le management d'influenceurs. Elle vient de faire saisir près de 40 millions d'euros à titre conservatoire sur les droits d'auteur et comptes bancaires de l'artiste.
Le parquet souligne par ailleurs que Booba a continué de publier des contenus après sa mise en examen, un comportement qui a suscité l'indignation de Me Kaminski : « Pour moins que cela, certains ont vu leur contrôle judiciaire révoqué... ».



